8 IIIS'l'OlllE SOCIALIS'l'E quand s'arrèle la Révolution el qu'ils sonl décidés à ne plus laisser à la merci de !rouble~ nouveaux les lerres acquises pen•lanl les troubles passés. A côlé de l'arlisan rural donl nous venon,; de parler, le petil propriélaire de vieille bourgeoisie a, lui aussi, en beaucoup d'endroils, accru sa terre. Celui-r.i, au lieu de raire comme d'autres rentier,; de la moyenne bourgeoisie qui gardèrenl par devers eux leur pelil capilal-argenl el htrenl ruinés par les emprunts forcés, la suspension des arrérages ou enfin la banqueroule de 1;oi, avait lentement accaparé les assignats el allendu le momenl propice pour acheter des biens nationaux à lrès bas prix. Celle catégorie de moyens bourgeois vil des lors sans faste, car la terre rapporle peu, mais enfin elle l'ilet surtout garde la terre qui, un jour prochain, lui donnera la richesse et la pui~sance. C'est de celte façon que la moyenne bourgeoisie accumula des réserves fonci~res cl fonda sa forlune. Ôr celle bourgeoisie, comme les artisans rurau,, el exactement pnur les m,'mes raisons, désire la slahilité dans la condition ~ociale actuelle pour garder ce que la Révolution lui a donné. c·esl en parlant du même point - leur intérêt personnel - que dans les villes nombre de pelils commerçants envisagent la Révolution comme finie. Il n'y a plus, gràce à elle, de hiér;irchie dans les métiers et, de méme que des paysans jadis salariés sont devenus propriétaires, de même beaucoup o'ouvriers sont devenus pelils patrons el sont ainsi allés grossir les rangs de la masse des demi-bourgeois. Les boutiques sont nombreu·es désormais el s'il esl vrai qu'elles rapportent peu. du moins l'oul'rier considère qu'un grand pas a été fait depuis le temps où il ne pouvait espérer être un jour « à rnn compte •· La richesse n'est pas venue, peut-èlre, mais du moins on peul toujours l'attendre en respiranl librcmenl entre quatre mur,; à soi. Ouvriers del'enus, par la liberté du commerce el de l'industrie, petils patrons; paysans devenus, vu la libération de,; terres, petits propriétaires; hourgeois avisé;; el économes devenus, par l'achat des biens nationaux, détenteurs d'imporlanles parlies clu sol: voilà les plus ardents à dernander que la llévolulion subsiste par la consolidation de leur siluation, c'est-àdire qu'elle s'arrête! Tous élaienl levés jadi, lorsqu'aux journées révolutionnaires il avait fallu crier les revendications du peu vie, ils avaient combattu pour soutenir ces revendications; mais aujourd'hui, à la tète d'un pécule, ils ne veulent plus descendre dans la rue, ils ne veule11t plu, d'émeutes. Dans les Mhnoires de Lescure sur les journées révolulionnairrs el les coups d'État de lî8fl-iînl), on entend dire• par Le Couleulx cle Candeleu: • li y a beaucoup de peliles fortunes faites à Paris pendant la Jlévolulion, ce qui a beaucoup élenùu la classe de la petite bourgeoi,ie, el celle classe esl ce que j'appelle le peuple de Pari:; qui, je le répète, à l'avenir regardera faire les gouvernants ou les meneurs entre eux». Celle petite bourgeoisie regarde 1. II, 215.
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