Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

lîS HISTOIRE SOCtALISTE pour 1H' pas re,liluer nne place forte de premier ordre comme Nait Malle, ikrlarnil la garder en compensation de Lous les avantages acquis depuis ,\mil'Jh par la France. La guerre devait ~ortir de là. Mais entendons hien que la que,lion de Malle fut surtout l'occasion de trancher par les armes nn conflit arrhé à un prodigieu, degré d'acuité. Rappelons qu·au point de ,ne ,·conomique, le traité d'Amiens avait été une désillusion complète pour l'An- ~leterrc, puisque la Franre n·a,ail pa,s6 a,·ec la Grandr- Brclagne aucune conl'ention commerciale et que, tout au contraire, le premier consul, travaillant à dévelorper l'industrie française, avait frappé de mesures 1>rohibitives les produits anglais. Des Mbouchés énormes étaient ainsi fermés au commerce britannique, c·esl-à-dire que la vie môme du peuple anglai~ était menacée. La haine de la France augmentait chaque jour et les sujet:! du 1·oi George upplaudis,aient au, rarnpagnes violentes menées par la presse contre Bonaparte. Cescampaf(ncsmêm<'~devaient donner au premier consul un motif 7i,•rso11nd e reprendre les arme$. Ayant étoufîé la librrlé de la presse en France a,•ec toutes le, autres libertés, Bonaparte ne poul'ait toltirer qu'elle c,isU\l chez un peuple voisin et surtout qu'elle s'cxerçAt il ses déprns. Or, la presse anglaise et aussi un certain nombre de journaux rédigés en lrançais par des rélugiés - !'Ambigu de Peltier, entre autres - se livraient au, critiques et aux attaques de toutes sortes contre le premier consul. Bonaparte demanda au gouvernement d'Addinglon de prendre des mesures pour éviter ces crimes de lèse-majesté consulaire. On a vu, encore récemment, le tsar autocrate obtenir des pourwites pour un crime analogue dans un pays étranger. Bonaparte n'ohlint rien du tout. Blessé dans son orgueil, furieux de~ menaces qu'on lui pro liguait de l'autre côté du dtitroit, sentant « tous ses desseins, tout l'avenir immense conçu et préparé par lui, suspendus au hasard d'une embuscade de brign·1ds, au couteau d'un assassin », Il se lunça à son tour dans la polémiqnr l'l c'est ainsi quïl inspira, dan, le Moniteur môme, des diatriues, des notes dont le Ion ne le cédait en rfrn à celui des feuilles de Londres. Et l'on comprend alors dans quelles conditions cet homme pouvait discuter de la paix 1 . Les longs pourparlers diplomatiques qui aboutirrnt en lin de compte li la rupture avec l'Angleterre ne peuvent, être dans tous leurs détails, ClposéR ici, mais, à côté tles actes hostiles de Bonaparte, à cùté de sos conquêtes ou de ses tentatives de conquête en pleine paix, nous pouvons placer le rocit de son attitude personnelle vis-à-vis du représentant ùe l'Angleterre et montrer comment, dès celle époque, il apportait aux relallons extérieures celte violence, cette 1olonté brutale el orgueilleuse qui devait entrainer l'Europe entière dans des luttes inces,ante,. Le 18 fénier !HO:l,e premier consul fait venir aux Tuileries Whilworlb, ambassadeur d'Angleterre. Pendant deux heures, Il &'emporte, menace, ac• cuse, violente. li est prêt à la gucrro, il penso à débarquer en Angleterre el

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