HISTOIRE SOCIALISTE 177 jaune, en peu de temps, enleva Leclerc, quinze gé~érau,, les deux tiers de l'armée. Les nègres devinrent alors les plus forts el chassèrent les envahisseurs. C'est alors que Bo/.1aparte renonça à la Louisiane et vendit CP,lle terre aux Étals-Unis (30 avril 1803). Pendant que ces événements se déroulaient, le premier consul s'inquiétait à nouveau de l'Orient. li avait enl'oyé en mission dans le Levant le colonel Sébasliani, " important, bourdonnant, arrogant, volontiers enflé de sa personne el boursouflé dans ses discours ». Espion de haute envergure - il portail le litre modeste d'agent commel'cial, - Sébasliani devait parcourir l'Egypte, la Syrie, la Tripolitaine, chercher les amis de la France, étudier la situation militaire des différents pays quïl visiterait, parler de Bonaparte et l'offrir comme médiateur entre les chefs rivau,. Le 30 janvier 18Q:l, on put lire au Moniteur tout le rapport du colonel. Il y était dil que les Anglais, contrairement à la paix d'Amiens, n'avait pas évacué Alexandrie, mais que leur armée n'était qu'un « ramassis d'hommes mal armés, sans discipline. u<és par les excès de débauches•; 6000 Français devaient suffire pour les chasser. L'émotion causée à Londres par la publication de ce document dans le Journal officiel de la République rut considérable. C'était bien ce qu·atlendail Bonaparte. Le 5 février, il fait écrire à notre ambassadeur Andréossy : • Vous aurez vu, clans le .lloniteur, le rappJrl que le colonel Sébasliani a fait de son voyage dans le Levant, et, très probablement, le ministère anglais n'aura pas manqué de se montrer offensé de l'esprit d'ohservalion qu'a porté cet officier dans l'examen des forces militaires el de relever la phrase où il dit que six mille Français suffiraient pour conquérir l'Egypte. Il vous aura été facile de répondre à ces observations, el vous aurez d(l lc faire avec beaucoup de vivacité et de force. Un offlcier français, envoyé pour rétablir les relations commerciales el habituelles de la Fr,111ceavec l'Egypte, a d(l Mre étonné de voir que l'armée anglaise n'eût point encore évacué ce pays. Et1·anger à la politique, cel officier aura d(l considérer comme un commencement d'hostilité une violation ma11ifeste d'un traité de pai~ solennel, et dès lors son esprit a dû naturellement se livrer à des calculs de guerre el à l'examen des chances qu'elle pourrait présenter, car, en effet, n'est-ce pas provoquer le retour de la guerre, que de garder l'Egypte et Malte au mépris des stipulations du traité d'Amiens? • L'Egypte est ici en quelque sorte accessoirement : le ministère Addinglon venait d'ordonner l'évacuation d'Alexandrie, mais ce qui persiste toujours dans toutes les discussions, c'est Malle. Bonaparte prenait des territoires, il regardait vers Saint-Domingue, il « lravai)lail • l'E 0,yple, il envoyait Decaen avec u11earmée el une escadre aux Indes, pour chercher à soulever les souverains hostiles à l'Angleterre, et toujours il revenait à Malte, exigeait son évacuation, parlait des traités violés et menaçait. Le gouvernement anglais,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==