Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

176 H lSTOT\lE SOCIALISTE L'Europe ne Yit pa~ sans inquiétude ces accroissements continuels et, avanl loules les autres nations, l'Angleterre adressa ses remontrances. Le ministère Adllinglon, qui avait fo:t la paix d'Amiens, élail intéressé à ce qu'elle ne frit pas t1·oublée. mais il ,avait trop quels murmures s'élevaient autour de lui pour lai,~er faire Bonaparte plus longtemps sans prolesler. C'est dès la fin de 1802 que lia,, keshury relève les transrormations avantageuses de la France: « Le Piémont a ét(• réuni; vous êles sur le point de disposer du sort de l'Allemagne, de la Suisse, de la Hollande. ,lalgré la détermination que nons avons·pri,e de ne nous mêler en aucune manière des atîaires du continent, nous y sommes entrainés malgré nous, autant par les p!aintes qui nous sont adressées que par l'opinion qui se prononce ici avec une énergie sans exemple». Ainsi prenait fin l'équiYoq111•qui aYail présidé à la conclusion du trailé d'Amiens : l'Angleterre ~·occupait des affaires du continent. La Grande-Bretagne ne tarda pas en effet ü répond1·e, lorsqu'on lui disait d'évacuer Malle, que la France devail abandonner ~es desseins rnr la Suisse, le Piémont, ou la Hollande. Tallerrand avait stric'tement raison, lorsqu'il ripostait que la paix d'.\miens impliquait seulemrnt l'évacuation de Naples par la France, évacuation consommée el qui de,ail enlralner celle de Malle. A Amiens, on n'avait pas parlé de la Suisse ni du Piémont, ni de la Hollande! Un ouvrage récent' tend à nous montrer que cc sont précisément les affaires de Hollande qui poussèrent le plus les Anglais à la guerre. Bonaparte laissait toujours des troupe; d'occupation dan~ la llépuhlique batwe, et l'Angleterre aurait renoncé à sa politique lradilionnelle si elle avait laissé la France maitresse de la Hollande. C'e,l, d'une façon 11énérale, toule la conduite de Bonaparte dans la paix qui a déterminé l'Angleterre à résister. De même qu'elle était nécessairement amenée à s'occuper des affaires du continent, de même le gouvernement français avail reporté SPS préoccupations du côté des colonies. On se rappelle que Leclerc, avec :!5000 hommes, al'ait élé dirigé sur Saint-Domingue•. 'l'oussaint-LouYerture, qui avait rétabli l'ordre clans son pays el avait réussi à lui donner <1uelque prospérité, paya cher la tentative qu'il fai~ait de l'affranchir de toute domination française: complètement battu, il dôt se rnumeltre, et, comme il conspirait, on l'envoya en France, où il rut intern~ au forl de Joux. Un des premiers bienraits de l'administration française devait ètrc le rétablissement de l'esclal'age et de la traite des noirs! En elfcl, c'est en flor~al an X (mai 1802) que le 'fribunat discula le p,·ojet relatif 011.c colonies ,.r,tituées par Ïe trait/ d'Amiens et autres colonies françaises, titre qui carhc purement et simplement l'ahominahle relour au commerce légalisé de l'homme par l'homme. Mais les habitants de SaintDomingue lrouvèrent, pour sauver leur liberté, une alliée imprévue: la 0èvre t. Coquelle. Sapolion et l'.l,1!Jlt:urre, 1803-1813. j, Supr(l, p. j2!),

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