IIISTOlllE SOCIALlS'l'E 171 de Bonaparte môme : la liberlé. Pour l'avoir dit, La Fayette dt1t rentrer dans l'ombre. Le ilt thermidor an X (2 août 1802), le Sénat rendit le décret suivant : « ARTICLE PREMIER. - Le peuple français nomme et le Sénat proclame Napoléon Bonaparte premier consul à vie. Ain. 2. - Une statue de la Paix, tenant d'une main le laurier de la Victoire et de l'autre le décret du Sénat, attestera à la poslérilé la reconnaiss,rnœ de la nation. ART. 3. -Le Sénat po1·teraau premier consul l'expression de la contiancc, de l'amour el de l'admiration du peuple français ». Le w thermicjor (3 aot1l), Je Sénat se rendit donc auprès du premier consul el lui JJ0rla lo résultat du plébiscite. Bonaparte, s'adressant aux sénateurs, leur dit alors : • Sénateurs, la vie d'u1\ ciloye11 est à sa patrie. Le peuple français veut que la mienne tout entière lui soil consacrée. J'obéis à sa volonté. En me ùonnanl un nouveau gage, un gage permanent !'.e sa confiance, il m'impose le devoir d'étayer Je système de ses lois sur des institutions prévoyantes ... • El cet homme qui se voyait contraint d'accepter le con~ulat à vie, cet homme qui n'en voutait pas, cet homme qu'on avait pris au dépourvu, qui s'eu était (dclté, annonçait sans retard sou intcnlion d'étayer le sy,tème des lois de la llépublique sur des inslilutions prévoyanteo, c'est-à-dire de changer la Constitution! Donaparle avait eu elfel préparé, rédigé lui-môme uue Constitution nouvelle, où il se dounait le d~oit de désigner sou successeur. Ce droil, on s'en souvient, il n·avail pas voulu que le peuple lt1l appelé à le lui conférer, et cela avait encore paru une 111arquede son liuéralisme, mais lorsqu'il fut assuré du Consulat à vie, c'est de luimême qu'il rétablit la seconde partie de la question qui, selou l'arrêté du Couseil d'Etal, devait èlre posée au pays. La Cooslilution de l'an X, votée sans débat par le Conseil d'Etat puis par le Sénat, qui u'avail aucun pouvoir constituant, mais qui siégeait sous la " protection • des grenadiers, parle le nom modeste de Sé11at11s-co11sutleorga11ique de la Conslituliv11. Le premier consul recevait le droit de gr&cc et le droit de désigner au Sénat son successeur. Sur refus du Séuat, il en proposerait un autre, et si le Sénat refusait encore, c·est un troisième, toujours choisi par Bonaparte, qui serait définitivement nom111é.Le second et le troisième consuls devenaient aussi consuls tl vie. Le Tribunat était réduiL à ;;o membres, divisés en sec_ lions dcvanL délib~rer à hui~ clos. Le Conseil d'Etat, pourlauL docile, était aunihilé par la création d'uu Conseil privé nommé par le premier consul, avec mission de préparer les sénatus-consultes. Le Sénat étaiL porté à J:!O membres. Il en avait alors 00. Quarante devaient èlre nommés directement par le premier consul. Quatorze resl<!ieut à être choisis par cooptation, ijUr une liste de trois candidats dressée par le premier consul d'après la
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