iîO IIJSTOIRE SOCIALIS'n; if(norait lout. sauf que l'on s'était battu el qu'on avnil vaincu. A Paris, son• 1ent le pain a1ail manqué el l'on avait fail queue devant les houlangeries. mais qui le savait '1 Les Parisiens? 11•voulaient l'oublier, car Bonnparle, qui donnnil de la gloire à la nation, élail 1>011reux le seul capable de lui a•surer du pain. l,es anarchistes seuls pouvaienl dire le contraire. En province. on dévalisait, on assa8,inail sur les route•, les enlèvements, les coups de force ,e mullipliaienl, mais llonapnrtr veillait el lonl rentrerait dans l'ordre. De partout on tentait de détruire un chef indispensable à la grandeur du pay~. il fallait rlonc lui donner tout pou,·oir pour qu'il pOLvaincrr ses ennemis. Tel ful le raisonnement de la «masse». La pression gouvernementale', la propagande des royalistes•, celle du clergé rallié par le Concordat 3, contribuèrent aussi à angmenler le nombre des suffrages.qui s'exprimèrent, ~omme en l'an \'Ill, à registre ouvert. Quant au, républicaius, quant à Lous ceux qui restaient encore dans celle croyance que Brumaire avait sauvé la République, ils comprirenl enfin, selon le mol de li. Aulard, "que ln République éLaiL morte' •· Les 837ft non du plébiscite s'opposent aux 1500 11011 donnés à la Consliulion de l'an \'Ill, el ces chiffres, si restreints qu'ils nous paraisseal, onl leur importonre si l'on songe aux conditions du vote, el il faut ajouter qu'on ne sail pas si dans les chilfres donnés figurent les suffrages de l'armée•. c·est d'elle que \·enail surtout l'oppooilion républicaine et, malgré la pression de certains chefs, elle manif~sla nettement ses opinions. C'esl pour cela que nous devons clouter que l'Empire ail conservé Lous les registres venus des corps de troupe. La pression fut parfois violente, el l'on cite le cas de ce général qui, assemblant sessoldals, leur linl ce langage hien militaire: « Camarades, il esl queslion de nomn1er le général Bonaparte consul à vie. Les opinions sont libr,·s, cependant je dois vous prévenir que le premier d'entre votts qui 11r volera Jill> pour {P Co11sulat à I·1e, je le fais fttsiller à la lêle du régiment••. En regard de ces paroles, il convient de n1ellrc celles d'un homme qui rappelail l'aurore de la llévolution el qui gardait à Bonaparte beaucoup d'admiration et de reconnaissance, car c'est de lui qu'il avail reçu le droit de rentrer dans la nation. La Fayette vola non el mit en marge du registre : « Je ne puis voler pour une telle magistrature ju,qu'à ce que la liberté publique soil suffisamment garantie : alors je donnerai ma voix à Napoléou Bonaparte•· l:ae lettre qu'il ayre,sa au premier consul, lettre respectueuse, mais Corte, rappela que, pour les hommes de 1780, el pour Lous ceu, qui reslaienl altaehés aux principes de In l\évolulion, il y avail quelque chose qui planait au-dessus 1. Circulaire de RCPdererau1 pN(et11 le Z, ftortal. 2. Pad1 pendant l'an,.ie IH02 (Journal de PtlLier), no du 1$ Juin 1SOI. 8. Brochure intitulte : QiMl ,,t l'fotlrlt ù lo r,ligion et dM cl~rgé av Conn,lat à rie tt à la longut -ri~ de /lono.portr? citée par Aulard, Eoulu et hotu.-.., 11, !TI. ~-o. c., p. m. 5. A Ajaccio, 66 flf)tl- 1ur ~ TOls d'apl'MMtUto, .VimoiN•, 11, !S. 6. St. de Oirardio, Jo10·,1al et .'S(Jrtre"i", t. Jtt, p. ffl.
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