Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

168 IIISTO\l\E SOCIALISTE « L'ordre (111jo11r appelle le rapporl de la commission spéciale nommée dan, la dernière ,éance pour présenler ses vues sur le témoignage de reconnaissance nationale que le Sénat a élé d'a1is de donner au Premier Consul de la Hépul,lique. « Au nom de cette commission, le ,énaleur Lacé, ède retrace à 1·.1sst'mbMe les services signalés que le Premier Consul a rendu; à la cllùse publique, ses 1ictoires, ses lrailés, la paix qui en été le fruit, les droits qu'il s'esl acqui;; à la reconnaissance nationale el,,. l'admiration de la postérité. « li observe c1ue le témoignage de reconnaissance volé par le Sénal ne peul Nre qu'une grande marque de confiance et propose, en conséque11ce, de réélire le Premier Consul pour les dh. ans qui suivront immédiatement ceux pour lesquels il a été élu par l'article :)!l de la Conslilulion. « JI présente un projet du sénatus-consulte rédigé dans celle vue. « La discu,sion s'ou,re sur le rapport de la commission. « Un membre trouve insurtl~ant, sous le rapport de la reconnaissance et s,. us celui des grandes choses qu'on doit encore attendre du gouvernement, le terme de dix ans indiqué par la commission. li propose, comme plus conforme à l'inlérêl public, plus digne du l'remie1· Consul et du Sénat, la réélection à vie. Plusieurs orateurs parlent dans le m~me sens. « Plusieurs autres apprécient par divers motifs le projet de la commission. « Le rapporteur, au nom de celle-ci, déclare qu'elle a discuté dan, son sein la réélection à vie, mai;; qu'après en avoir pesé les avantages, elle a pensé que l'i11ilialive, s11r cet objet, devait appartenir au Sénat, réuni eu assemblée générale. • Le ~énatus-consulle accorde la priorité à ce projet. « Il en est foit une seconde lecture, après laquelle l'assemblée vote au scrutin sur son adoption. • Le dépouillemenl du scrutin, fait en présence des citoyens Cornet et Du Bois du Bais, désignés scrutateurs par la voie du sort, donne la majorité absolue en faveur du projet du sénatus-consulle pré;enlé par la commission. 1> Bonaparte, furieu~ d'avoir été joué par le Sénat de qui il n'allendail que servilité, mais de plus en plus décidé à s'assurer définitivement le pouvoir, répondit au sénatus-consulte, qui prolongeait sa magistrature de dix a11s, par un message où on lit: « Sénateur,;, le s111Tragedu peuple m'a inve•li de la supréme magistrature. Je ne me croirais pas assuré de sa conflance si l'8Cle qui m'y retiendrait n'était pas e11core sanctionné par son sut!rage ... Vous jugez que je dois au peuple un nouveau sacrifice : je le ferai, ~ile ,·œu du peuple me commande ce que votre suffrage autorise. » Ce message commence un nouvel acte de la comédie consulaire, ou Cambacérès devient le principal protagoniste. C'est lui qui, en elîet, eut l'idée de recourir au plé-

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