Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

111S'rülRE SOCIALIS'l'E On avait ,etrou,é l'homme qui avait vendu la charrette, el cet homme, nommé L;im)lel, arnit fait de rnn acl.eleur un porlrait qui ressembluit au siµnalemrnl ù'un agent de G,orges du nom de Carbon, dit le Petit François. 1.,• t:J nilô,e, Fuuché connaissait tous les auteurs de l'allenlal: Saint-Régeant dit Pie1rot, Limoëlan ùil Beaumont, La llaye Saint-Elitaire dit Raoul. Le 18 ni\ô:;e. Carbon était arrêté. Fouché écrivait le l" février au préfet du 1Iorbihan : « J'ai !ail saisir à Paris le Petit François, qui a été reconnu par tous les I emoins et a tout déclaré, savoir: que la charrette et le cheval avaient été acheté:; par lui, d'après les ordres de Pierrot et de Limoèlan, et que, le :1 nirô:;e, il avait conduit la charrelle, chargée de deux tonneaux el un panier plein de poudre, jusqu'à la rue Neuve des-Petits-Champs, où il a fait livraison du tout :'1 Limo/ihu, el Pierrot. Il m'a indigné la retraite de Pierrot. Celui-ci ,cnait de s"en éch;ipper, mais 011 a lroU1é sous son lit un billet à lui adressé par Gldion, chef sous Georges, qui le ,reise de hâter ,on entreprise, et un brouillon de lettre éoile à CefJrges, dans laqu~lle il rend compte de Loule ,on opéra lion et des circonslances les µlus secrètes qui ont accompagué J'exérution de ce crime a!Treu~ 1 .... • Le Gedéon dont parle Fouché n'était uulre que Georges r.atloudal lui-môme. Le ministre de la police, qui avait vu se coaliser contre lui une foule d'ennemis empressés à le desservir auprès clu premier consul, trouva une éclalsnte revanche, lorsque, mallre de la vérité. il put la communiquer à 13onapa1le. Celui•ci persistai I dans son projet de délrnire à jamais les terroristes. Exacteme11t renseigné sur toutes les circonstances de la conspiration et conl'aincu qu'elle était l'œuvre des chouans, il ne rnngea pas à éµargner les républicains. Cel homme sans morale el sans justice, cet « auteur du Code•• ne I ou,ail co11sentir à ne pas frapper des innocents, lorsque son intérêt voulait qu'il les frappàl. Son intérêt dans l'es1 èce avait sa seule source dans la peur. Fouché, dont le rôle fut aussi infA ne que celui de son maitre, coopé,a à une mesure criminelle qui devait décapiter le parti républicain en spéculant sur l'indignation résultant d'un attentat qu'il n'avait pas commi-. Bonaparte demanda au Conseil d'État de dresser une liste de proscription. Les Jacobins qni devaient y figurer devaient, selon sa propre expression, être déportés, « non pour le 3 nivôse, mais pour Je 2 septembre, le 31 mai, la conspiration de Babeuf•. Fouché avait préparé la mesure par un rapport' monstrueux, où il écrivait: " Parmi les hommes que la police , ient de signaler, tous n'ont pas été pris le poignard à la main, mais 10111 s011tuniversellement conrws pour être capa/JLP.dse l'aiguiser et de le prendre. JI ne ,·agit ias aujourd'hui de punir le passé, mais d~ garantir l'ordre social•· C'est ce que ré1 étaient chaque jour les rapports du préfet de police Dubois 1. Chassin, Pacif. de l'Ouest, III, 68t. 2 Rapport du mioistre aux con1u1 51 11 nivôse.

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