HISTOIRE SOCIALlS'l'E t53 el de ses agents, mais ceux-là du moins croyaient toujours à la culpabilité des anarrhistes : • L'e,poir des anarchi~tes n'est I as détruit; leurs mouvements l'indiquent. Hier, arrès la parade, plusieurs individus étaient dans la rue Nicai,e el examinaient le lieu de l'explosic,n du 8. Une femme mal vêtue dil à très haute voix qu'il ne Callail pas avoir fait tant de dégAls, pour manquer Bonaparte {avec une épithète injurieuse). L'un des témoins voulut répondre. Une autre femme, un peu mieux vêtue que la première, s'exprima en ces termes : • Elle n'a pas tort ... Bonaparte ne s'entoure que d'émigrés : il a été manqué, mais il sautera toujours; il y a encore des patriotes • ». C'est par de tels racontars que s'entretenait la haine du premier consul. Ayanl obtenu du Conseil d'État l'acte qu'il voulait', il rendit un arrêté« qui mettait en surveillance spMiale. hors du terriloire européen de la République», 13û citoyens, et, pour légaliser celle procédure - il se passait ainsi de toute discussion devant le Tribunal et le Corps législatif, - il demanda au Sénat si cette mesure étail conservatoire de la constitution. Le 15 nivôse, le Sénat répondit par le sénatus-consulte suil'anl qui contient, avec la plus colossale injustice, la preuve des sentiments qui animaient les révolutionnaires nantis, membres du Sénat, à l'égard des hommes qui n'avaient pas comme eux rampé devant le nouveau Cérnr .. : « Le Sénat conservateur ... , considérant qu'il est de notoriété que, depuis plusieurs années, il e,iste dans la République et notan.ment dans la ville de Paris, un nombre d'individu,, qui, à diverses époques de la Révolution, se sont souillés des plus grands crimes; que ces individus s·arrogenl le nom et les droits du peuple, ont été et continuent d'~tre en toute occasion le foyer de /out complot, les agents de tout attentat, l'instrument vénal de tout ennemi étranger ou intérieur, les perturbateurs de toul gouvernement, et le fléau de l'ordre social ; que les amnisties accordées à ces rndividus en diverses circonstances, loin de les rappeler à l'obéissance aux lois, n'ont fait que les enhardir par l'habitude et les encourager par l'impunité; que leurs complots et aumtats réitérés dans a., èc,rden t1mp, l ar cela m~rr e qu'ils ont échoué, leur deviennent un nouveau motif d'attaqurr un souvernerr.ent dont la justice les menace d'une punition finale; qu'il résulte des pièces soumises au Sénat conservateur que la présence de ces individus dans la République el notamment dans cette grande capitale, est une cause continuelle d'alarmes el d'une secrète terreur pour les citoyens paisibles qui redoutent, de la part de ces !tommes de sang, le succès fortuit de quelque trame et le retour de leurs vengeances; considérant que la constitution n'a point déterminé les mesures de sQreté nécessaires à prendre en un cas de celle nature; que, dans ce silence de la constitution et des lois sur les moyens de mellre un termt à des dangers qui rr enrc<nt <b, que jour la chose publiquP., le èésir el la rnlonté du pP.uplene t. Archi,e■ nallonal", nppol'I de police du 16 niT6n ,z. JI" S'lOt. 1. 14 ah6N,
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==