HISTOIRE SOC(ALtSTK 151 tant n'en avait pas besoin, contre le ministre ami des terroristes, allié des assassins. Fouché avait lais,é passer l'orage, gardant au fond de lui-même la cerlitude que le coup venait, non pas de gauche, mais de droite. li savait que Ci1doudal, alors à Londres, avait envoyé en !>rance, après l'échec du • comité anglais"• quelques hommes prêts à toutes les besognes. Ses agents les avaient suivis, puis perdus : l'allenlat devait être leur œuvrc. Sans se laisser prendre aux manœuvres des royalistes, qui ne cessaient de s'élever avec horreur contre les assassins', il dirigea dès lors toutes ses recherches vers leur parti, et, en quelques jours, il acquit la certitude quïl ne s'était pas trompé. Pendant qu'il dirigeait ses propres agents sur la bonne piste, le préfet de police Dubois s'apercevait, lui aussi, qu'il avait eu Lori de suivre, au premier mo1r.enl, le courant qui portait à déclarer coupables • les hommes de septembre•· Cette évolution se retrouve dans les bulletins. Celui du 11 nivôse est, à ce sujet, ~articulièrement intéressant.• Les renseignements qu'on recueille chaque jour, y lit-on, sui· les diverses circonstances qui ont rapport à l'attentat du 3 ne semblent pas suffisants pour juger à quelle faction ce crime doit être attribué. Les vœux et les intérêts des cours de Millau el de Londres pour le succ~s d'un i:areil attentat ne sont point équi• \'Oques; les alîreuses intentions des agents de l'Angleterre, d'une part, et des anarchistes, de l'autre, pour son exécution, sont connues par des faits antérieurs et authentiques. Les signalements des coupables, quoique non encore appliqués individuellement, jettent bien quelques faibles lueurs. Le costume de tous, leur langage, peut-être même, rourrail-on ajouter, le jeune âge de deux des directeurs de ce forfait, donnent cours au soupçon sur des hommes dont le bras est vendu depuis longlem~s à !Angleterre. Les procédés des exclusifs ont ordinairement un caractère moins ténébreux, plus sectùmnaire, si l'on peul s'exprimer ainsi. Les artisans du forfait n'avaient aur,un outil. Ils ont demandé un entonnoir à emprunter, et, à défaut, se sont servis d'une Lasse qui leur a été J rêtée pour emplir de poudre leurs tonneaux. Ils ont demandé une tarière au cocher Thomas pour percer un trou dans les limons de la charrelle, et c'est ce même Thomas qui a perœ ces trous. Des hommes du parti exclusif n'aurnient point manqué de tous ces ustensiles et auraient su s'en servir; peut-être même aussi, sans courir les risques d'une location dans une maison étrangère, eussent-ils, ainsi que l'a fait Chevalier, _trouvé dans une maison appartenant à l'un d'eux, un local qui les exposât moins à la curiosité el _auxdangers d'être surpris, dangers bien évidents, car la femme du cocher Thomas a déclaré qu'elle les a pris pour des fraudeurs ou des chaulieurs•. " Le 18 nivôse an IX (8 Janvier 1801), le rapport de police dit enfin nettement que c'est aux royalistes qu'il faut attribuer l'attentat du 3. t. Bourmont ilcri1'Îl aa premier con1ul, Hyde de NeuTille lui adressa un mémolré. Louis XVIU f41licitaBonapar&.de'i.•oir 6cbappe.auJS: a11as,in,, 2, Ardu.nt NaUonalea 1 F1 , 370i.
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