Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

150 HISTOIRE SOCIALISTE trouvée chez lui. C'esl de même une voiture placée de manière à gôner le pas8ageet portant l'~rliflce destiné à anéantir la voilure du premiP.r consul ainsi que toutes les personnes qui peuvent s'y trouver•. On a parcouru tous les lieul publics, cafrs el caharels où les exclusifs se réunissaient Lous les jours, il n'y en avait pas un seul hier. Les femmes d'un de ces cafés ont dit avec une joie marquée au bru il de l'explosion : « Ah! \'Oilà la création du monde qui pari! •· Un inconnu, quelques inslanls avant l'e~plosion, a dit dans un cabaret placé à l'angle des rues Chartres cl Nicaise « Nous allons un peu r~spirer ces jours-ci, faire nos faree•. • li a paru chercher un particulier qui n'était pas dans ce cabaret'· Ces indices sont faibles; les recherches se continuent 3 "· Ce bulletin, si curieux dans tous ses détails, qui nous initient à la ,ic policière, soucieux avant tout du fait, de l'anecdote qui peut, qui doit se rattacher à un é,·énemenl donné, mon Ire surtout l'étonnement de la police, son impuissance à se renrtre comple de l'origine de l'attentat. Une ~eule idée domine: le coup vient des anarchistes. Le 5 nivôse, la police dit encore « Les meneurs des anarchiHes répétaient chaque jour dans les faubourgs que le,; palriole8 auraient le dessus •· On fabait des recherches minutieuses pour 8avoir la provenance.de la \'oilure qui portail la machine infernale, du cheval qui la trainait el on arrêlaiL un peu partout des gens innocents. Les policiers continuaient à recueillir les propos des uns el des autres : • La femme Uonifoce, qui lui concierge du Templ-e, a été distinguée dès les premiers e1eès de la Révolution. Elle lenait un café aux massacres de septembre, elle entretenait le délire des assas;ins, buvail en leur présence IP sang lie leurs ,ictimPs. Marat el Robespierre ont toujour. été se, héros. A1a~l l'aLLenlat du :1, elle p ircourait les faubourgs, annonçait un événement prochain. Le 2, elle s'e,l rendue du r..ubourg .\nloine au café des Bains chinois, l'un des repaires des anarchistes. L~, elle a annoncé avec enthousiasme qu'enfin Bonaparte allait tomlJer (en joignanl à ce nom les plus irrossi~res injures\, que les patriotes allaient Mre bien contents'•· L'auteur dt• ce rapport de police en arrhait donc, comme Bonaparte, à surveiller surtout les septembriseurs. Bonaparte médite de chasser hors de France tous les hommes allachés à la Révolution, le policier, lui, se borne à raconter leij propos de « la femme Uoniface •· Au lendemain de l'attentat, Lous les ennemis de Fouché avaienl fait entendre conlre lui les pires menaces, excitant le premier consul, qui pour1. L'original porte en marge: ., La ditr6rence est que la machine dt Cbnalier pan.i11a.it d11tinée à Alre lancée et denil porter une bien moins grande quaotit6 de poudre •· 2. En marge : Un parUcalier rapporte noir enlenda des hommN qai marchaient fore. rit.e dao, la rue autlÎLÔlapr~• l'eiplotion, dire en fran~ail ; " il e,t o, beuea1.; ce n'elLpu lai, c'est malheareux •· 3. ArehiHI nal.ional11 11' 7 370!. 4. Arc.hi••• naûonale11 id. lpo,

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