Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HIS'fOIRE SOCIALIS'l'E i39 leurs troupes el de les diriger con Ire ce rebelle. Faites connallreà Bourmont quïl ail à rendre ses canons vin<st-,1uatre heures après votre sommation; trois mille fusils trois jour, après. Sur sa réponse négative, mettez-vous à la tète de vos troupes et ne quitlcz vos bottes que lorsque vous l'aurez détruit ... c·est sur Bourmont, Frotté Pl Georges, que comptent les Anglais, el c·est sur cotte div~rsion de la guerre des chouans que les ennemis espèrent pour le couronnement de la campagne prochaine' •. C'est là qu'est le vrai souci de Bonaparte : la campagne prochaine I C'est d'elle, nous lP savons, c'est de son issue victorieuse qu'il attend l'affermissement de son pouvoir, aussi préciset-il : • li faut que dans la première décade de ventôse ces trois foyers de guerre civile soient oteints à la fois ». Bourmont et Georges durent se rendre confo~mément aux instructions du premier consul et remettre leurs armes, après quoi l'un et l'autre furent envoyés à Paris oü Bonaparte les reçut. A Bourmont, il conseilla de « vivre en citoyen paisible 2 •· Quant à Georges, il lui parut « un gros Breton dont peut-être il sera possible de tirer parti pour les intérêts même, de la patrie ... 3 ». En Normandie, Frollé avait repris la lutte el ses lieutenants, Chandellier, La Chapelle, le capitaine Charles, Commarque, parcouraient toute la région de rorne, du Calvados, de la ~!anche, pillant et brôlant au nom du roi. Pendant le mois de janvier i800, ils attaquent Alençon {JI,), Vimoutiers (l 7), Bellevue {i9), Gaie (20} sans que le général Guidai fasse rien pour les arrêter. Bonaparte cependant était décidé à agir avec la dernière rigueur contre Prollé et les chouans de Normandie et cela, comme le prouve M. Chassin, pour se venger du • caractère très particulièrement anlibonaparliste " qui marqua la guerre civile dans ses derniers jours. Un exemple en est fourni ,Jans la Lellre d'un Français en réponse à la proclamation du Corse Bonaparte aux p,·uvillces de l'Ouest el qui fut affichée en Normandie. L'auteur disait au premier consul: • ... Tu n'es qu'un étranger obscur, élevé dans les écoles du roi, après la conquête de ta petile patrie ... •ru as su conduire en Egypte un grand nombre de braves pour y faire périr ou laisser dans l'abandon et l'éloignement les concurrents ... ,, Afin d'él"iter le retour des lenteurs mises par Hédouville dans les négociations avec les rebelles, lenteurs résullant, nous le savons, de ses attaches avec eux, Bonaparte rattacha la Normandie à la division de Paris commandée par Lefebvre et envoya Chambarlhac avec les 4:l• el 40- demi-brigades pour détruire les bandes royalistes. Le 26 janvier, Frotté était ballu à Cossé; le 4 février, Commarque manquait de tomb~r entre les mains de Chambarlhac au chÀteau de Chaux. t. Chas1in1 op. cil., t. 111 1 p. 568-569. 2. Leure de Clarke à HédouTille, 21 fénier 1800. 3. Let.ire de Booaparte .. Brune, 5 mars 1800. FouchO employa Bourmont- daos l'ouest pour une mission • re1tée my1térieuae, qu'il remplit, semble-t-il, a.vee une rare duplicité, maH qui, en somme, aboutit à paralyser _les dernien e~orts des chef, vendéens inaoumis. Traqué, menacê a7ant. à ses t.rouste• les esp1001 e\ les sicaires de Fouché, Georges ae décida a quitter la Fnn'ce, la menace à. la bouche. • (Madelin-Fouché, i.. 1, p. 007.)

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