138 HISTOIRE SOCIALISTE terrible•; si les chefs se soumettent, Drune doit accepter ces soumissions, mais « sans aucune espèce de pourparler diplomatique ». Brune prit son commandement à Nantes le 20 janvier, el les opérations commencèrent aussitôt avec un double aspect : opérations pour la paci!lcalion par Hédouville, opérations de guerre par Brune. « Je porte la terreur el le respect, écrit Brune', et le général Hédouville attire la confiance. Voilà deux rôles. » Le 22 janvier 1800• (2 pluviôse an VIII), Bourmont, attaqué à Meslay par le général Chabot et complètement battu, demandait à se soumettre comme venaient de le faire d'Aulichamp, de Sui:annet el de Châtillon. Peu après, La Prevalaye, qui tenait dans la Haule-Bretagne, réclamait la paix, à son tour (29 jamier), suivi, après quelques combats sans grande importance mais favorables aux troupes consulaires, par du Boisgny. Les opéra lions contre Cadoudal marchèrent dès lors rapidement. Brune, conformément aux instructions du premier consul, dirigea sa concentrntion sur le Morbihan, et ses lieutenants, Hardy, Gemy, Grigny, refoulèrent el battirent les troupes de Georges à Grand-Champ, Plaudren, Muzillac, intercep. tant, par !"occupation de la presqu'ile de !\huis, les communications entre le rebelle et les Anglais. De Vannes, Brune s'empressa d'adresser une proclamation aux habitants du Morbihan, promettant J'amnistie pour tous ceux qui renonceraient à demander aux étrangers leur appui el voudraient accep• ter la constitution républicaine, mais montrant, avec les échecs partiels partout éprouvés par les chouans, la défaite finale qui les attendrait s'ils persistaient à Youloir combaltre : • Vous avez déjà éprouvé des pertes sensibles dans quelques petits combats, dans des rencontres de troupes en marche; mais, malheureux, !"heure terrible de la guerre, de la guerre dévastatrice n'a pas encore son né ! "· Georges Cadoudal, sans l'appui anglais el serré de près par des troupes bien commandées, ne pouvait tenir longtemps. Il capitula. Mais c'est à ce moment que se produisit un singulier incident qui montre la faiblesse au moins singulière d'Héilouville et l'embarras où ses relations personnelles avec le monde chouan mellaienl aussi bien Brune que le premier consul. Hédouville, en elfet, au lieu de stipuler avec les chefs qui lui avaient fait leur soumission la nécessité absolue d'un désarmement complet, a\'ait • laissé leurs fusils, pour leur défense personnelle, aux propriétaires et aux férmiers ... •. Brune e,igeail de Georges qu'il ~e rendit sans condition. Bourmont, qui s'en élail tenu aux stipulations d'Hédouville el n'avait pas désarmé, écrivit au général en chef, le menaçant de reprendre la camp(lgne si Georges élail désarmé. Bonaparte, mis au courant, s'emporta et écrivil à Hédouville, le 13 février : • Bourmon l nous joue. li n'a rendu ni ses canons ni ses armes. Donnez l'ordre aux généraux qui commandent au lllans el à Laval lie réunir 1. Lettre à Bonaparte, le 22 janvier. 2. La suspension d'armes était expirée de la veille.
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