140 HISTOIRE SOCIALIS'.rl<: Le Chanclellier el Charles étaient dans le môme temps battus par Guidai el Jaume à Ecouis el à Tressé. Voyant ses troupes partout battues, et influencé par la soumission de la Yendée et de l'Anjou, Frotté décida alors de déposer les armes à son tour (7 février), et il adressa il Hédouville une lettre dans ce sens:« Voulant éviter à mon pays resté seul sous le armes les malheurs dont il peut ôlre menacé dans celle guerre, j'ai l'honneur de vous faire part que je souscris, pour les départements où je commande les royalistes, aux mesures déjà prises par les autres chefs royalistes pour le rétablissement de la tranquillité dans les provinces de l'Ouest. Quant à moi, monsieur, je fais abnégation de toute prétention ou réclamation personnelle ... li est trois articles, entre autres, sur lesquels je dois insister : 1° le non-désarmement, p~rce que je n'aurai ni la volonté, ni le pouvoir cle le faire faire; 2° la mise en liberté des prisonnier, arrêtés comme nos partisans dans les quatre départements de l'Orne, Manche. Calvados el Eure; 3• la sûreté el la tranquillité des propriétés des campagnes el de tous les individus ayant fait partie de mon commandement. .. » Hédouville n'avait plus autorité pour négocier, el Bonaparte dut se féliciter de lui en avoir ôté tout moyen, car il touchait à sa vengeancP. Ce qu'il veut, c'e,l la mort du chef royaliste: voyez ce qu'il écrit à Ldebvre le 10 février: « Envoyez il Chambarlhac un officier de votre état-major qui ne reviendra qu'avec la nouvelle de la niort ou de la prise de Frotté •; à Gardanne' le 11 : • Ce n'est pas le cas de faire aucun accommodement avec Frollé ... Vous pourrez promettre 1 000 louis à ceux qui tueront ou prendront Frollé ... • C'est clans ces dispositions d'esprit que le premier consul reçut la nouvelle de la soumission. Gu\dal négociait; il lui foil immédiatement savoir que le gouvernement n'acceptera que la reddilion complète sans aucune condition, le désarmement immédiat'. Frollé devait venir lui-môme faire sa soumission. Le chef normand vint clone retrouver à Alençon ses amis Commarque el Hugon qui y tenaient des conférences avec Guidai. Arrivé le 15 février, il discutait chez Guidai, lorsque, à un certain moment, le général s'absenta. Aussitôt, des grenadier,; pénétrèrent dans l'appartement où se tenaient les royalistes et les arrêtèr~nl. Dirigés sur Paris, sous la garde de 1 500 hommes, ils venaient d'arriver ;i Verneuil, lorsqu'un ordre du général Lefeuvre parvint au chef de urigade Bisson. portant commandement de faire juger immédiatement les prisonnirrs par une commission militaire. li fut ainsi fait {i7 février), et, le 18, Frotté et ,ix autres chefs, - Hugon, Commarque, Verdun, Casimir, SaintFlorenl, Pascal Seguiral, - étaient fusillés. Ni l'arrestation, ni la mise en jugement, ni l'exécution ne Curent ignorées de Donaparle. C'est, au contrair~. de Paris que vinrent tous les ordres qui aboutirent à la mort de Frotté. L~ 1. Gardanne nait remplacé le général Cauclaux à la tête de la 14• division. 2. Lettre de Clarke à Guidai, 14 f4nier. •
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