HISTOIRE SOCIALISTE 137 nuer à intriguer avec Mm• Turpin de Crissé el les chouans dans des conférences tenues à Candé, près d'Angers, pendant que Bonaparte faisait rechercher l'abbé Bernier par le commissaire des guerres Barré el le priait de négocier avec les prêtres réfractaires. Enfin, dans les derniers jours de l'année Jï9() (~ décembre-7 nivôse an vmJ était publiée la proclamation aux habitants des départements de l'ouest' leur annonçant le retrait de la loi sur l'emprunt forcé, Je retrait de la loi sur les otages, l'élablissemenl du simple serment : « Je promets fidélité à la Constitution •• la promesse de laisser aux cultes l'exercice des offices consacrés. Un arrêté des consuls ordonnait la remise « des armes de toute espèce, notamment les pièces ae canon el les fusils, qui ont été fournis par les Anglais » entre les mains du général Hédouville, el accordait l'amnistie générale aux rebelles. La réponse des chouans à ces mesures ne larde pas. Frotté déclare qu'il faut faire la guerre à outrance. « C'est, écrit-il, le seul parti qui nous reste pour sauver nos pays, nos armes et notre honneur. » Quant à Georges Cadoudal, « il est en relations avec la nouvelle agence royale de Paris dont son ami Hyde de Neuville est l'âme el qui a formé ce plan: livrer Jlelle-lsle el Brest aux Anglais; amener enfin un prince, le comte d'Artois ou Je duc de Berry, en Bretagne, avec les auxiliaires russes, débarqués d'iles normandes, et avec le général Pichegru, pour faire déserter les troupes républicaines, tandis que serait provoqué dans la capitale un mouvement insurrectionnel el que la reprise d'armes du Morbihan se développerait à travers tous les départements de la Bretagne 1 • » Le Lemps passait ainsi, el, loin de déposer leurs armes, les chouans les fourbissaient pour de nouvelles luttes. Bonaparte ne pouvait plus allendre : les campagnes contre l'Autriche allaienl s'ouvrir, il songeait à prendre la léle de l'armée de réserve qui devait descendre en Italie, il fallait donc que l'ouest se soumit el promptement, il fallait en finir avec les bavardages de 111•T• urpin de Crissé el les atermoiements de toutes sortes. Le 7 janvier, Bonaparte écrit à l'armée d' Anglelerre qu'il n'y a plus sous les armes que des « brigands, des émigrés, des stipendiés de l'Angleterre •; il allend bientôt la nouvelle • que les chefs des rebelles ont vécu. • Le 11, une proclamation du même style est adressée aux habitants des départements ùe l'Ouest et un arrêté interdit Loule négociation avec les • brigands •• ordonne « de traiter comme rebelle toute commune donnant asile et protection aux brigands el de passer au fil de l'épée les habitants pris les armes à la main. • Le 14, une nouvelle armée de l'ouest, forle de 60000 hommes, est donnée au général Brune dont Hédouville devient le lieutenant. Les instructions données à Brune sont énergiques : il doit marcher sur Je Morbihan, couper toutes relations entre Georges et l'Angleterre c briller quelques métairies et quelques gros villages "• " rendre la guerre l. BvprG, p. 66. 1, Cllulin. Lu PIJCificllliom ,ù l'Qiu,e, Ill, 518-519.
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==