Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOl!lE SOCIALISTE J:l[ lionales. Enfin, vous n'avez pas d'armée ... mais vous avez ce qui peul la produire, une population nombreuse, des campagnes ferlile~ el J'e,emplc qu'a donné, dans toutes les circonstances essentielle~. le premier peuple de l'Europe. • On peut affirmer que Booaparlc, s'il était accessible au « ~enliment », était sincère lorsqu'il 0allail les Italiens en leur Lenant ce langage cl lorsqu'il exallail leur patriotisme el leur or11-ueilnational. li avait certainement plus d'affinihis l'allirant vers les Italiens qu'il n·avail de penchant naturel d'aller vers les Français. Les Corses sont de cullure cl de civilisation ilaliennes cl non pas françaises el, aujourd'hui encore, après une longue période de vie française, il suffll de séjourner quelc1ue temps ùans la palric corse pour voir que l'influence profonde qui domine cl l'existence et les mœurs est nettement italienne. Le Corse aime trop son indépendance et sa liberté pour accepter jamais la domination de l'llalie, sa voisine si rapprochée - toute l'histoire corse le démontre amplement - mais il demeure, par la langue, par les habitudes, par le lempérament, le frère on du moins le parent très proche de l'italien longtemps combattu ... Et lorsque Bonaparle dit à la consulle en l'interrogeant : « Costituzione della Rrpublica ... cisalvina t ... italiana? ... » el qu'une clameur lui répondil : • ltaliana! ltr,- lian.a !... » il dut ressentir quelque fierté à la pensée qu'il restaurail ou ébauchait la restauration de l'unité italienne ... La füualion de Joseph à A111iensvis-à-vis de lord Corn\\allis devenait dirllcile. Les Anglais, en elîel, trouvaient très étranges les procédés ùe Bonaparte qui consistaient à profiter des pourparlers pour assurer partout ~a situation en dehors des frontières, reculer celles-ci, projeter des expéditions lointaines. Le premier consul relirait en somme de la paix plus d'avantages que ùe la guerre, et cela sans courir aucun risque, de telle sorte que des Anglais, démêlant ses desseins sur la paix, • les jugeaient, comme on l'a dit ~I Justement, plus redoutables que la guerre même». La tension fut extrême entre Londres el Paris au début de m~rs. Des deux côtés, les armemenls reprirent. Bonaparte, enflant la voix, faisant propager par ses agents el par la presse que toute l'Europe était prMe à le soutenir si l'Angleterre rompait les négociations ou l'obligeait à les rompre. En réalité, sa situation était loin d'être brillante, mais il voulait frapper los esprils, il voulait hâler la paix, forcer la main à l'Angleterre el à son gouvernement qui tremblait, s'il n'obtenait pas des améliorations au, eondi Lions prlmiLil•etnent fixées, de tomber sous les coups de l'opposition et du parti de la gllcrre à outrance. Enfin, le :?;i mars, lès signatures furent échangées ; le traité d'Amiens, qui se résume de la façon suivante, mettait fin à la seconde coaliLion : li y a la palKentre la République française, le roi d'Espagne•, la l\épu• blique batave', d'une part, et, d'autre pari, le roi de Grande-Brelagne et t. Représente par Aura. 2. Repr6sent4e pu Schimmelpenninck.

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