JIISTOII\E SOCIALISTE dï1'11111dr.L'Angleterrr garde Ceylan rt la Trinité, restitue les autres colonie, <Ir la France el de ses alliés. L'intégril•' de la Porte' est garantie. LI> prince d'Orange recevra une indemnité; )!aile sera rendue à !'Ordre, neutre <·l i11rlépendante, sous la ganu,tie des grandes puissances, avec une garnison napolitaine pour un an ou plu<, s'il est néce,•aire. L'Angleterre évacuera lïle dans les trois mois qui suivront la raliOcation du traité. La France évacuera Tarente et les Etals romain,. L'Angleterre évacuera tou, les points qu'elle occupe sur l'Adriatique, la ~léditerranée d,111sle mois qui suivra les ratiOcalions; les colonies dan~ les sh moi;;'· Les limite, fhées au~ négociations par la diplomatie du Premier Consul n'avaient àonc pas éloi franchies et c'est bien une paix maritime qui a été signée. Tout ce qui touchait au continent mail été écarté et il semblait que J"Anglelerre n'eût pas s·en préoccuper. li y avait là comme une convention tacite de ne pas soulever des questions tellement hrulanles que toute paix e0t Hé impossible si elles avaient été dél>allues avec la pas,ion ~oulevée par elles. )lais ce silence cachait l'explosion inévitable el prochaine, d'autant plus qu'au poi11l de vue colonial rt maritime l'Angleterre ne pourrait admettre que Bonaparte déYrloppàt les aYanlages que la France allait retirer de la pacification. Qu'il fut le maitre sur le continent, elle l'ignorait ou faisait semblant de l'ignorer, mais elle voulait rester maitresse des mers. Le roi George renonçait au litre de roi de France porté par les rois d'Angleterre depuis la guerre de Cent Ans, mais il ne faudrait pas que ,a pub~ance anglaise rot heurtée par des rivauA, car alors il se retournerait encore ver, le continent européen el y rechercherait les ,tVantages perdus. Pour que la pah duri\l, il aurait fallu, écrit :Il. Sorel,• une Frabce encore e,altée de sa Révolution, refrénant tout à coup et apai,anl les pas,ions qui la poussaient de1iuis di\ ans à déborder sur n:urope el qui. tournant son enthousiasme en sagesse, sa superbe en mode,lie, son impétuosité en prudence; ne songeant plus qu'à jouir dans son magnifique territoire des bienfait~ de la liberté, des produits de son lr.1rnil, du génie dP ses peuples, qu'à s'enrichir, à créer des chers-d'œu1rJ; se désintére:,sanl même de ses conquêtes, renonçant à l'Égypte, renonçant au, Indes, au, Antilles, à la Méditerranée, pour ne point ofTusquer les Anglab; ouvrant par un traité de commerce son marché à leur industrie, s1Ufà ru'ner la sienne, a0n de les consoler de la couquôte d'Anvers et de Cologne; ùé,erlant ses arsenaux, rentrant ses flotte,, ;eculanl devant l'Autriche en Italie cl lui re,liluant la Lombardir, reculant devant la Prusse en Allemagne; abandonnant à la llussir la suprématie du Saint-Empire et la tutelle de l'Empire ottoman. Et, ce qui est plus invraisemblable encore, une Europe, rascinée par tant de modération, renonçant à envahir à mesure que la ~'rance recule. La 1. Des pr~liminaire1uec la Turquie anienL ~f.é !llign,s le 9 octobre 1801. 8'ba11i.&Di ~Wt parti uec une lcllre de Bonaparte pour le 1u.ha.n. 2. Sorel, o. c., p. 201-202.
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