Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

lllSTOIRE SOCIALISTE 127 el entretenait la soulfrancc Ile la populalion. Les impôts étaient accablants, les ,,bjels de consommation, même les plus indispensables, avaient subi une forte plus-yalue. En outre, lt· régime d'oppression <1ui pesait sur l'Irlande avait attiré en Angleterre même une immigration toujours croissante d'irlandais. C'étaient de pau\l'PS malheureux gui !uyaienl la famine cl, peu exigeants pour les salaires, ils faisaient aux ou1ricrs naliona11, une concurrence dangereuse et redoulahle. Notons que c'e,l à pa1·tir de celle période que ron voit se répandre en Angleterre, dans des proportions toujours plus grandes, le travail des femmes et enfants entrainant à sa suite la désagrégation du fo)er, la ruine de la Yie de famille el la décadence des mœurs. L'histoire de l'Angleterre enregistre dans celle périod1• une instructive progression de la criminalité. C'esl donc une nécessité absol11e pour la Grande-Bretagne d'àrrêter les guerres dissolvantes, el la joie populair<' a des raisons profondes gui résident dans la condition économique el sociale alors très grave de la nation anglaise. A l'examen, les Anglais de la hautl' classe trouvèrent déplorables les stipulations des préliminaires. L'Angleterre s'engageait à rendre, au müment de la paix MHnitive, le~ colonies conquises par elle, sauf Ceylan Jlullande el la Trinité Espagne). Elle évacuerait définitivement les points encore occupés du ba~sin de la Méditerranée. Malte retournait à !'Ordre et l'tgypte aux '!'ures. Les lies Ioniennes seraient indépendantes. La France devait évacuer Naples. Le Portugal voyait son indépendance garantie. C'était tout. On ne parlait ni des conséquences continentales de la pah de Lunéville, c'est-à-dire que la France demeurait dans ses nouvelles limites el gardait sa rnpré01atie en Hollande, en Suisse, en Italie; elle conservait la Louisiane et la Guyane; elle ne s'engageait pas à conclure le fameux traité de commerce qui de.ait enrichir la Grande-Ure• tagne ... Édouard Cook, ancien sous-secrétaire d'tlal pour la guerre, écri• vail ~ Castlereagh, dans une lettre rendue p11bligueoù il regrettait la guerre: • Nous permettons à la France, accrue des Pays-Bas, de former un système polilique et commercial avec la Hollande, J'E~pagne, la Suisse, l'Italie; nous lui rendons le commerce des Antilles; voilà soixante-dix millions de livres engloulis I Nous avions des traités de commerce avec tous ces pays, nous n'en avons plus qu'un seul, avec Naples! La France va monopoliser le trafic gui nous échappe, ruiner notre industrie qui émigrera avec ses capitaux, car l'argent n'a pas de patrie. La guerre, au contraire, maintiendrait notre monopole commercial, notre suprématie aux colonies; elle ménagerait des débouchés immenses à nos produits. L'Espagne tomhe à la banqueroute; qu'elle saisisse le Portugal, elle nous livre Je Brésil! 'l'rois ans de guerre prolongée nous seraient moins onéreux que cette puix, el la France ne Jas pourra soutenir, car elle n'a ni crédit, ni finances. » Ce mouvement de protestation rut sérieu, duos le Parlement el l'on a, dès ces premiers jours de

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