Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

i26 lllS'l'OlUE SOCIALISTE sa lion des navirP~ de la compagnie des Indes y répondirent. Nelson parlit pour bombarder Doulognc et anéantir la flotte menaçante. l\lals Latouchr- 'l'réville était prêt à le recevoir el deux fois, du ', au 13 aoùt, l'amiral anglais échoua dans ses tenta lives et fut vigoureusement repoussé ... • La situation change birn alors. Otto, notre négociateur à Lonclre,, reçoit des instructions fermes. Dùnaparte écrit 1tTalleyrand, le li septembre, qu'il faut envoyer un véritable ultimatum à Londres. « li faut que les préliminaires soient signés dans la première décade de vendémiaire ou que les négociations soient rompues. ~ 3. - La pa.ix d'Amiens. Les préliminaires furent signés à Londre,, le l" octobre 1801, entre Otto et lord llawkesbury. La no.uvelle en fut accueillie à Londres avec les éclats d'une joie exubérante. c·en était faiLdes cauchemars de l'invasion! L'Anglet.erre allait pouvoir dormir en sécurité, se réveiller sans frisson à l'annonce possible d'un délmrquement de Bonaparte. Les alTaires allaient reprendre. Le marché français paierait aux produits anglais une prime qui vaudrait toutes les plus fortes contributions de guerre. « Notre commerce, écrivait lord Minlo, alors ambassadeur à. Vi1Jnne, va pénétrer jusqu'en France même el fleurir à Paris. • gnf_in,c'était Paris qui se rouvrait anx ennuyés el au, curieux; l'llalie aux alTamés de soleil, à la tribu errante des mélancoliques qui se mouraient. de spleen en leurs chO.teaux embrumés. 'l'ous les oiseaux caplifs au pays du brouillard secouaient leurs ailes humides et se disposaient à prendre leur vol vers les régions de joie et de clarté' " Le colonel Lauriston, envoyé à Londres pour porter les ratifications, vil le peuple dételer sa voit.ure et la trainer en criant : « Vive Bonaparte 1 " Il faut voir dans celle explosion de contentement la manifestation de l'incroyable détente qui se produisit alors. Pill, détesté du roi George et l',lme de toute résistance acharnée à la France et à Donaparle, était tombé du pouvoir sur une que;;- tion clepolitique intérieure en février 1801 et Addinglon - avec lla\\ kesbury aux Affaires étrangères- avait, dès son arrivée au pouvoir, offert la pai.1 à la France (20 mars 1801),ne reprenant la guerre vigoureusement que parce que le premier consul voulait l'Égypte. Cette chute de Pitt arnll donc été un coup très sensible au parti de la guerre. Quant à la situation réelle de l'.\ngleterre, quant à son étal matériel, il est assez difficile de se rendre e,actement compte de ce qu'il était. La puissance commerciale de la Grande-Bretagne était considérahle, cela est vrai, cl la flotte, qui était l'agent principal de celte 1,uissance, était très développée. Mais on ,1e peut perdre de vue que la delle était accrue de plusieurs milliards, ce qui déterminait par contre-coup t. Sorel, op. cit .. p. H;G,

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