JIISTOII\E SOCIALISTE lions; il f,1llut bien reconnaitre <Jue,dès qu'on se toucherait, on ce<serail de s·cntendrc, et qur l'on se rencontrerait nécessairement dans la Méditerranée, llo11apartr ne recherchant les l\usses que pour chasser les Anglais de cette mer et Paul ne recherchant Donaparte que pour y substituer la Russie it l'Angleterre'. • Ces lignes, ,i parraitemeut justes, montrent cc que furent c,actemcnl ces négociations: elles demenrèrenl stationnaires. llomises du reste au, mains de l(olytchef, peu ami de la France, et rédacteur de rapports en beaucoup de points semblahles à ceux de nos ennemis au sujol de la situation intérieure, dirigées de Pélersbourg par l\oslopchine, notre adversaire déclaré, elles ne pouvaient guère abouli1·. Il est vrai qu'à côlé de ces négociations peu avancées, certains historiens en placent d"autres d'une importance capitale et qui auraient eu pour auteurs le Premic1· Consul et le tsar, eux-mômes. C'est par leur t•11tente personnelle quïls àuraient élaboré le « grand projet ». « Au prix des salisfaclions fournies au sentimenl national par le traité de Luné,ille, dit M. Emile Bourgeois', Donaparle se disposait en 1801 à la conquête de l'Orient dont l'Angleterre lui barrait la route. Dans la correspondance échangée alors avec le tsar, ces projets apparaissent: les deux alliés mettent à l'ordre d11jour un partage du monde oriental. Paul I" le proposé. Donaparte rexamine et raccepte. à la condition que la \<'rance ·sïnslallr définitivement dans la llléditerranéc el le Levant. Les trouprs russes, aidées d"un corps d'armée français, sous la conduilc de Masséna, d'Orenbourg à Boukhara, devaient conquérir les steppes, puis d'Aslerabad envahir la l'erse et l'Afghanistan, inquiéter l'Angleterre sur !'Indus et le Gange, el constituer au tsar un immense empire asiatique 3. » On comprend que l'c,istenre d'un tel projet donne un grand poids à la théorie de l'idée fhe orientale chez Bonaparte. L'objection qu'on lui préseute est simple: c'est qu· « il n'a été trouvé jusqu'à présent aucune trace d'une correspondance de cette nature 3 • " li faut donc se résoudre à abandonner toute croyance en cette légemle et s'en tenir, quant aux résullats du rapprochement.franco-russe. i, cc que nous avons e,posé. Paul l'' mourut assassiné le 21 mars 1801. Détenteur maladil du pouvoir le plus absolu, organisateur d'un véritable régime de terreur pour tous ceu, qui l'entouraient, ne manifestant sa puissance que par le knout, les e,écutions capitales el l'emprisonnement, avec, dans ùe rares moments, quelque lucidité d'esprit qui le portait à prendre des me•ures populaires qui lui gagnaient raliection lointaine des soldats et du peuple stupé0é,, du reste, par la vision du tsar-icône, il tomba victime d'une conjuration de palais, connue et soutenue par l'Angleterre. Organisée d'abord par le comte ~ihita Panine, vice-chancelier de l'empire et par le cher de la police 1. Id. p. 112. !. E. Bourgeois, Manuel de poliliqut itrangt 1,·r Il, 217. 3. Sorel, o. c., p. 113, note t. On trou,er:i dans Sorel id, loo. l'indicaûon d11 doelliUllent1 el. ounage1 relatif, à ci:lle queslioo.1
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