Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HlSTOIRE SOCIALlSTEJ 3 bles. La puissance de tous cenx-là est absolue. Ils commandent dans les ministères, ils achètent les députés, comme le montre le procès qui se déroule peu après le coup d'Etat entre le tribun Courtois el les banquiers Fulchiron et consorts; par leur argent, ils dominent el personne ne poarrail songer à leur ôtei leur pouvoir. li faut de l'argent pour subvenir a11,'s"e\ rvices publics, il faut de l'argent pour acheter des canons, des fusils, des vivres. Or l'Etat ne disposant pas de fonds s'adresse aux financier. pour qu'ils assurent les dépenses. li leur donne des • délégations • qui leur permettent de percevoir directement les contributions. Ils pren0enl eux-mêmes !"argent à la Monnaie pour recou1rer leurs créances 1 • Les Ouvrard, les Seguin : voilà les hommes indispensables dans l'Etat. Nous avons vu aux Archives nationales (F11 :.?92)un rapport secret non daté, mais qui est évidemment des derniers jours du Directoire, montrant quel rôle capital peut être celui d'un de ces graucls financiers. L'auteur du rapport e.~po~e la g~ne qui existe dans la circulation el la répartition des blés sur le territoire de la République. li y a trois récoltes entassées au nord el il n'y a rien dans le midi. Pour parer aux dangers de cette situation, le Directoire a permis l'eiportalion dans la République batave el en Ilelvélie, à condition du versement des 415 des mêmes quantités dans les départemenls ùu midi. Ce procédé est trop compliqué el lrop difficile. D'un autre côté, on ne peut songer à nue loi sur l'e.i.portalion, " le seul nom d'ex11ortaliou de grains présenté à la tribune du Corps législatif ferait crier à la disette». Les ministres des Fiuances et de l'Intérieur avaient proposé un moyen propre à « régularher le mouvement et la valeur des grains, afin de maintenir l'al.Jondaoce dmJs l'intérieur, de faire le Ilien ùes propriétaires el des consommateurs, et d'accfü!rer la rentrée des conlribulions ». Mais ce moyen remettait le soin de.s résultats à obtenir à cinq maisons de commerce, el le Directoire a vu là de grands inconvénients, surtout dans la difficulté qu'il y aurait à • tenir cachés les ressorts employés par le gouvernement •· Les deux ministres ont alors remanié leor projet. « Une seule personne, connue dans toute l'Europe par son habileté, ses lumières et son a~livité pou.r le commerce des grains, dont la moralité el les moyens immenses sont parfaileœent connus, sera chargée de toutes les opérations de ce genre que le gouvernement lui ordonnera de raire. Rien ne se fera qu'à mesure que les circonstances et les besoins l'exigeront; point d'administration, point de bureaux moot.és, point de magasins, point d'employés, tout se clirigera par ses moyens, par ses agents, pour son compte el en son nom. Ce ci!oyen se soumtl!.ra à Ioule la. responsabilité, soos la surveillance immédiate des ministres de l'Intérieur el des Finances, dont l'un dirigera ses achats on ses ventes, et l'autre sa complabllilé. Non seulement il s'occupera iwmédiatcmenl de régu1. • Ça ne n pas si mal, TÎIÎte pire que celle du diable•, libelle de l'époqu.

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