Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

4 Il ISTOlf\g SOCIALISTE )ariser le prix des grains dans toute la République, mais encore de tous les échanges quo le gouvernement désirera ou des achats extérieurs qu'il pourrait Juger nécessaires. » En conclusion à co rapport, un arrêté commellail le grand financier Vanderbergb • pour les achats, ventes, ou versemPnls de grains que le Directoire exécutif Jugera à propos de lui ordonner, soit au dedans, soit au dehors de la République. • Ainsi, c'est aux mains d'un seul que l'on remellait le soin de distribuer du pain à la France l Et que l'on n'aille pas rarler de l'honnêteté de ces grands capitalistes : cc qu'ils estiment avant tout, c'est leur rorlune, et s'ils la font en France, ils ne ;ont pas moins prêts à la mettre en ;Orelé à l'étranger. • Je puis d'un Irait de plume, disait Seguin, emoyer deux ou trois millions à Londres • (ltlémol'ial de Norvius, t. Il, p. 302). Les granrls d'hier avaient porté leurs forces, leurs épées à Coblentz; les grands du jour avaient leurs dispositions prises déjà pour enlever à la nation cpuisée des millions que recueillerait Londres. JI est difficile de délimiter exactement dans quelles proportions les rournisseurs volaient l'Etat, mais ce qui est évident, c'est que le gaspillage le plus effréné enrichissait non seulement les chefs cles maisons de banque ou de fourniture, mais encore toute la horde de leurs subalternes, employés, ,·érificateur., comptables. Le temps n'est pas loin ou Seguin, Ouvrard, Vanderbergh vont s'accuser réciproquement de vol au préjudice de l'Etat, el c'est, bien entendu, de millions qu'il s'agira (At·chives 11ationales, F11 , 292). Dans • le parti des nouveaux riches », comme l'appelle lllalmesbury, se rangent aussi les agioteurs de loule~ sortes, qui ont rait fortune en spéculant sur les assignais ou qui encore ont su réaliser au bon momenl pendant l'agiotage; les gens de robe, de procédure el de basoche qui, chargés de travailler à la liquidation des anciens domaines de,·enus le gage des porteurs d'assignats, ,·oient el s'enricbisser.t à peu près son~ contrôle. C'est en parlant de tous ces gens quo M. Vanda! dit • qu'ils vivent sur la Révolution•. C'est peut-élre e1acl en tant que fait, mais ce n'e,L point à la Révolution même qu'il füul imputer celle situation. La Révolution, • celle atraire énorme, colossal~, exlraordinaire •• comme l'appelle Ill. Vanda!, n·ayail pa, pour fin dernière la remise aux mains de qurlques-uns du capital de la France, mais bien plulOLde procéder à une réparlilion plus équitable de ce capital, qu'il soit financier, moral ou foncier. Mais, dans les heurts inhérents à toute grande secousse populaire, des accapareurs, des voleurs s'é• laient glissés, comme on voit pendant les batailles se glis8er des voleurs auprès des morts ou des blessé,. Ce sont précisément ces vole uro que le nouvel étal de choses va confirmer dans leur injuste possession. Les « enrichis » ne rouvaicnt qu'ap1'1audir au coup de force qui permit 1. L'a~ffltmtnt de Bonaparte, p. 51.

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