Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

IIIST0111.E SOCIA.LISTE 107 Selon le plan de Bonaparte, Masséna, nous l'avons vu 1 , devait éviter de laisser ses lroures en ligne et s'apprêter à tenir Mélas en 6chec dans la région de Gênes. Le I rcmier consul lui écrivit de nouveau le 9 avril pour l'aviser qu'il deHail, au commenc~ment de mai, cornliiner son action avec celle de l"armée de réserve qui entrerait alors en Lombardie, attirer J'allcntion de l'ennemi, ce qui l'obligerait à se diviser et remunter jusqu'à 'l'urin ~our rejoindre l'armée de réserve ... Mais, depuis plusieurs jours déjà, Masséna était aux prises a\'ec les Autrichiens. Contrairement au conseil de llonaparle, il avait reporté son armée sur toute la longueur du lilloral. Celle armée, de 25000 hommes, était faite de ,•éritat,les débris des anciens régiments d'Italie. Indépendamment des faligues de la guerre, elle venait de crever litlérdlemenl de froid.et de faim el il avait fallu toute l'énergie, la dureté du chef pour arriver à reraire des hommes avec ce qui n'était plus que des loques humaines. Toute l'histoire de cette campagne de Masséna demeure du reste comme le plus sinistre monument des ho, reurs de la guerre. c·esL pourquoi sans doute elle est tant admirée ... Pendant que llonaparle continuait à tirer ses plam, les Autrichiens se jelaic,,t au milieu l!e la ligne de Masséna (col de Cactil;one), la coupant en deux et poua,aut Suchet sur le Var, Soult sur Gênes. C'est dans cette ville que la concentration dul se faire, concenlralion d'une quinzaine de mille hommes que 50000 Autrichiens, commandlS par Olt, assiégèrent par terre, tandis que l'amiral anglais Keith bloquait la mer. Le siège dura du 21 a1ril au 4 juin 1800 el !"on s'accorde à dire qu'il fut merveilleux : des milliers d'hommes moururent de faim qui avaie11l été épargnés par les combats, des prison• niera en mas,e furent laissés sans nourriture parce qu'on craignait de les voir se ruer sur les gar,!icos qui leur auraient porté quelque pitance el les manger. Les plus fa,orisês parmi lea Génois purent manger des racines, du cuir, des rats. Cependant ~!asséna achevait, selo,1la sinistre expression consacrée, de se couvrir de gloire en faisant des sorties meurtrières et en courbant devant son eliroyable volonté les habitants affamés d'une vi Ile qui le maudissait. Lorsqu'il se rendit, il avait perdu la moitié de ses effectifs et les Gènr,is ruour.iienl dans les .ilfres de la famine. Le siège de Gênes fait époque dans nos annales miliL ires. ~las:;éna s'embarqua pour fa France', tandis que OtL était rappelé en arriéré par Mélas, qui avait d'abord poursu1v1 Suchet ~l l'avait promptement lâché à la nouvelle foudroy,111te de l'entrée en Italie de la fameuse armée de réserve. Nous savons qu'il ne croyait pas à son e,istence. Bonaparte avait quiltô Paris le 6 mai pour aller à Genève prendre la tète des 36000 hommes concentrés avec 40 canons entre celte ville et Lausanne. Cette force devait passer lès Alpes au Grand-Saiut- Bernard, tandis t. LeUre du.12 a1an. t. MUMD&d6barqua à A.o.ûbHpour r,joindre le corps de Suchet.

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