Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

108 lllSTOLn" SOCIALIS'rn que ChalJran a\'ec 5000 hommes se dirigeait sur Je Pelit-Saint-Bernard. Thurcau cl sa division devaient descendre par Je Mont-Cenis à Suze. Béthencourt (3000 hommes) et Moncey (15000 hommes) rejoignaient de l'armée du Uhin, le premier par le Simplon, Je second par Je Sainl-Golhard. Le passage du Grand-Saint--Bernarcl commença Je fü mai. Celle remarquable opération militaire, donl les détail, avaient été bien prévus el arrêtés, a vivement frap1é Je public, et Bonaparte n'eut garde de lutter contre le mouvement qui portait à entourer de légendes et d'histoires merveilleuses Je compte rendu de son action. Lannes passa le premier avec l'avant-garde, sa mission était de culbuter les postes ennemis qu'il rencontrerait, de joindre la division Chabran et d'assurer la marche sur Ivrée, point de réunion de l'armée de réserve'. Bonaparte, monté sur un mulel, surveilla lui-même la marche des troupes les animant dans leur effort. Les canons avaient élé démontés, les affûts placé; sur des mulets el les pièces renfermées dans des troncs d'arbres préalablement creusés. Il5 furent ainsi hissés par des escouadrs de 100 hommes se relayant au fur el à mesure de la montée. Des forges in~- tallôes à Sainl-Uémy, sur le versant italien, permirent de remettre les p'èccs sur leurs a!Tl1ls,de même que, en haut du Cûl, le refuge des religieux fut transformé en atelier de réparations pour les harnais el équipements. Le 20 mai, l'arrière-garde passa. Déjà, le 18, Lannes avait culbuté 4 000 Autrichiens à Châtillon et poursuivi sa route sur Ivrée. Il dut s'arrêter au fort de !Jard. Celle position ine~pugnalJle commandait absolument tout le passage, el lorsque la pelile rillc eût été prbe, il fallut bien se rendre compte que l'on ne réussirait pas à enlever le fort. Il y eut dans l'état-major un mon.ent d'anxiété prodigieuse. Arrèler la marche en avant, c'était compromellre irrémédiablement Loule la campagne; or, l'arlillcrie du fort balayait tout le passage, et il y avait impossibilité complète de l'annihiler. Marmont sauva l'armée: la route fut' couverte de paille et de fumier, puis los canons emcloppés de paille et d'étoupe furent tirés pendant la nuit au delà du fort tandis que l'infanterie el la cavalerie passaient par un sentier découvert dans la montagne. Le fort de Bard élait tourné. Le 2i, Lannes ballait les Autrichiens devant Ivrée; Je 27, il les chassait de Uomano, les rejetait sur Turin et s'installait à Chivasso sur la ligne du Pô, tandis que la concentration générale se faisait derrière lui, à Ivrée (33 000 hommes). Mêlas, accouru à Turin, avait rapidement réuni dans cette ville 20000 ou 30000 hommes. « Le général autrichien s'attendait à recevoir l'attaque, car Jamais occa• sion plus belle ne s'offrit à Bonaparte de détruire dans l'œuf Je rassemblement de toutes les fol'Ces autrichiennes. En celte circonstance, Je premier consul se montra infidèle au principe qui fait le fond de sa doctrine et, par i, Lettre de Bonaparte à Lanneo, 10 mai. Loltro de BonaparLe à Doponl, 12 mal.

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