Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

100 IIISTOTRF. SOCIALISTE Donnez des ordres pour que demain nous ayons des chevaux à neut heures dn malin pour nous et pour le ~onsul. " En résumé, la France opposait donc à Kray et Mélas trois armées comma1,dées par Moreau, Ma•séna, Bonaparte. § 2. - La campagne d'été en 1800. Moreau commença ses opérations le 2:, avril 1800. Au lieu de rama<ser toutes ses forces entre Conslance cl Schaffouse et les jeter, d'un seul coup, de l'autre côlé du Rhin, comme a,·ait arrêté Ilona parle, il fait passer un corps (Sainte-Suzanne) à Kehl, et, tandis que l'ennemi s'avance vers lui pour le rejeter sur la rive gauche, Saint-Cyr passe à Neul~lll'isach, un lroisièmecorps à Bâle N Lerourbe à Stein. Le 3 mai'. l\lorcau cl· Gouvion Saint-Cyr étaient vainqueurs ù Engen, tandis que Lecourbe l'élail à Slockach. Puis, dans la retraite de Kray sur le Danube, une série de victoires marquent encore la poursuite française; c'est Moreau à Mœ<kirch (5 mai), c'est Saint-Cyr à Biherach, c'e~t Lecourbe à Memmingen qui frappent avec succès l'adversaire l'obligeant à se concentrer sur Ulm. D'après les Mémoires de Napoléon, c'c,t bien it Ulm que ~loreau devait· arriver; mais il aurait dù y marcher a\'e~ toutes ses troupes et y entrer al'ant Kray pour lui couprr 'la retraite de !'Inn et le rejeter en Bohème. Il n'y a pas de critiques qu'il n'ait raites au sujet r'e celte campagne de l'armée du Rhin, critiques reprises, du reste, par nombre de tacticiens 1 • Quelle que pui~sc être leur valeur théorique, il est certain qu'elles ont surtout élé dictées à Nap.oléon par cette jalousie extraordinaire qu'on lui vit toujours porter aux hommes de mérite qui l'entouraient. Dans ses Mémoii'es, Napoléon juge les choses de haut et de loin; en fait, nous savons qu'il aYait d'abord dit à Moreau de • pousser» Kray simplement, attendant tout succès de ses victoires à lui, premier consul. El, le jour où Moreau devant Ulm allait peut-Mrc frapper le coup décisif, ce jour-là Bonaparte lui donna ordre de donner à Moncey le corps de Lecourbe (réserve) et de l'en voyer à l\lile gauche de l'armée consulaire, en Italie'· Avec 18000 hommes de moins, )loreau ne pouvait plus que« tâtonner autour d'Ulm 3 •· Il le fit, du reste, avec succès, battant Kray dans toutes ses tentatives pour rompre les lignes françaises sur la route de Vienne, à Hochstœdt (19 juin 1800), à Neubourg, ù Oberhausen, où fut tué La Tour-d'Auvergne, que Bonaparte, le 9 no· réal (29 avril 1800) venait de nommer premier grenadier des armées de la l\épulllique. c·est après cette série de victoires et alors que Kray se retirait sur la Bohème, que Moreau, entré à Munich (28 juin), consentit à un armistice qni laissait à ses troupes tout le territoire conquis (armistice de Parsdorr, le 1~ juillet 1.800). 1. Voyez Donoal 1 op. cit. La manœuvre de Marengo. 2. L'ordre fur.porté i.. Moreau par Je ministre de )a guette lui-meme, le citoyen Carnot. 3. Moreau au Premier Consul, 21 mai 1800.

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