Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOCIAL1S1'E L.\ DIPLO~I.\TIEET LES GUERH!:.S CII.tPJTRE PRE1l1Ell LA GUER.HE OU LA PAIX (Brumaire an l'lll à floréal an \'11- octobre li99-at•1i/ 1800•.) La paix! C'e,t au lendemain du :18 brumaire le cri géll(iral '· Il était impossible que Bonaparte ne l'entendit pas, car il retentissait sur son passage en toutes circonstances et se confondait avec les acclamations qui montaient vers sa personne. La paix est à ce moment aussi nécessaire pour consolider sa situation que le sera la guerre demain : en traitant après le coup d'Etat, il devenait Je pacificateur, le réparateur; en combattant, et rnrtout en écra.•anl l'ennemi, il devenait le sauveur ... C'est ce second rôle qui lui convenait le mieux, mais il essaya d'abord de remplir le premier pour accrollre ses droits à la reconnaissance nationale. En décembre :lî90, Bonaparte, s'adressant au roi d'Angleterre, Georges III, et à l'empereur d'Autriche, François li, leur posa la question partout répétée : «Laguerre qui, depuis huit ans, ravage les quatre parti~ du monde doit-elle être éternelle? ... » li déclare être, quant à lui, animé d'un • désir sincère de contribuer efficacement à la µacificalion générale ». Voyons immédiatement les réponses. L'Autriche oppose une fin de non recevoir par ce seul motif qu'elle ne peul traiter si se, alliés ne le jugent pas opportun. Pitt fit répondre par Grenville, le 4 janvier 1800, que son maitre ne traitera que si la France rompt définitivement a1ec l'esprit révolutionnaire, c'est-à-dire si elle reprend ses limites anciennes el rappelle les Bourbons. La lettre de Grenville ne fairnil pas une condition absolue de celle Restauration, mais elle laissait entrevoir que c'était la seule garantie sérieuse. Bien entendu, Donaparte ne pouvait songer ù accepter semblable base de négociation. Mais, pour bien montrer ses intentions paciOques, il fil écrire par Talleyrand une 11ouvelle lettre d'une extrême modération, empreinte de la plus grande courtoisie, et où il offrait l'envoi de passeports pour un ambassadeur anglais qui viendrait à Dunkerque. Les Anglais virent là un piège et, le 20 janvier, Grenville répondit par une lettre injurieuse où le gouvern1 ment anglais déclarait refuser de poursuivre toute correspondance. Bonaparte tlt connaitre l'insuccès de ses clémarcbes à la nation, et donna l'ordre de rormer une « armée de réserve " {décret du 17 ventôse an Vlll8 mars 1800,. 1. Il ne faut. voir dan, ces dates qu'une simple indicaiion gênt1rale. 2. Y oyez .rup•a le chapitre [•r de la première partie, en particulier pp. 17 et 18.

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