100 IIJ!,TOIRE SOCIALISTE Lanfrey I remarque qu'une des principale, raisons qui amenèrent la rupture définitive entre le gouvernement anglais et le gouvernement conrnlaire consiste dans le peu de confiance que les Anglais avaient en Donaparte. Il y a là beaucoup de 1érité, et il suffit pour s'en convaincre de lire les discour.; prononcés devant les lot·ds par Grenville, drvant les Communes par Dunclas, par Canniug et surtout par Pitt (Zi janvier 1800). Dans ces discour.;, la France est présentée à lu fois comme ruintie et comme dangereuse, parce qu"clle veut • asservir le monde pour le ravager » - c'est la formule toujours répétée depuis le début de la Révolution - et les orateur, y ajoutent un portrait du Premier Consul particulièrement dur: sa 1ie semble se résumer en deu~ mols : piller et tromper. )lais ~i Donaparle n'inspirait pas confiance, celte seule raison ne peut sumre à e,pliquer l'altitude du gouvernement britannique. En réalité, pourquoi Pitl, l'adversaire acharné de la ~·rance révolutionnaire, aurait-il lrail6 à la fin de 1î00? Ses envoyés, ses espions lui faisaient le tableau le plu; wmure de la nation qu'il dctestait, alors qu·au contraire l'.lnglelerre sortait viclorieu,e des dernières lulles. Comme l'écrit si juslemenl M. Sorel': L'empire de Tippoo conquis au, Indes; la Marlinique, Tabago, la Trinité, le Cap, Ceylan conqui, sur la France et sur s~s alliés; l"armée française bloquée ,·n Egypte, )talle réduite à capitulation; la Oolle batave détruite ou prise; IC's flottes de Fronce et d"Espag1wenfermées dans la rade de Brest, c'était de quoi s·ei;orgueillir et, après des transes si alfreuses, des épreuves gi rudes, de 11uoise féliciter d'avoir lenu ferme el refusé la paix». Les succès extél'ieurs valaient à !"intérieur un surcroit de force à Pillet à ses partisans. Qu'il parvint à écraser définitil•ement la France, et sa situation devenait inébranlable. C'est dans ces conditions que, loin de traiter, il pousse les opérations en Egi ple, p1épare avec Frollé et Georges Cadoudal une grande insurrection roialiste, et ralfermit par l'envoi do subsides l'ardeur de l'Autriche. Celle-ci - avec son cortège d'Etats ser,ondaires : Naple~, Sardaigne, \\'ürlemherg, Davière, ~ayence - restait seule alliée de Georges III. Le dé, 1ccor(I entre Yienne et Pélersbourg a,•ait survécu au premier moment lie mauvaise humeur des Russes après Zurich 3. Paul l" se retira définitivement de la coalition 7 jnnüer 18001, et Krüdener. son ministre à Derlin, reçut même, par lïnlermodiaire du roi de Prusse, auprès de qui Bonaparte avait envoyé Deurnonville, les premières propositions d'un accort! avec la France. La Prus,e, ~elon "3 coutume, atlenchit. L'entente entre les. Anglais et les Autrichiens ne pouvait èlre difficile à réaliser. En elîel, il ne s'agissait pas d'entr!'prendre une lutte sur des bases ab,olument nouvelles, il fallait simplement continuer une action enga!lée 1. Ifüt. do Nap. I, t. li, p. G3 et 390. 2, L'Europe tt IQ.Rdr,olution fra.nçaile, IÎ.l.i,me pai-tie,p. 33. 3. Voyez Gabriel DeTille, p. {,lCJ.
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