Paul Brousse & Henri Turot - Consulat & Empire : 1799-1815

HISTOIRE SOC! ALIS'l' E 01 victoire donl les résullals étaient consacrés du reste par toutes les autres remportées sur l'Europe. Par conséquenl, la concession du pape n'es! pas du toul une concession, c'est la reconnaissance puremenl plalouiqur d'un élal de rail qu'il n'était aucunement en son pouvoir de modifier et elle n'a pas dans le contrat la valeur réelle d'un apport. Le Concordat, sur ce pain L encorr, est donc un mensonge el un défi à l'opinion républicaine, cela d'autant plus que l'Église, en n'apportant rien, a fait en sorte qu'on lui donne beaucoup : traitement pour les é1•êques et les curés (art. 14.) ; permission de recevoir des fondations pieuses (art. 15). On peul nous redire aujourd'hui avec audace que, par insliocl, l'O.me chrétienne « inspirera toujours des donalions pieuses et tendra à reformer le • milliard » longtemps après que le temps aura 0élri les fauriers de ceux qui !"ont allaqué' »; on peul nous répéter cela, mais il faudrait bien songet· que si les lois de la Révolution n·avaient pas été détruites par Bonaparte, si la prééminence de l'espril libre avait continué à exister seule au miliou des religions toutes tolérée~ par l'État sans préférence - sans Concordat ! - le " milliard • ne se serail pas rerormé el on n'8urait pas à le détruire. La Révolulion n'est pas finie el il faudra bien qu'un jour elle reprenne résolument sa marche en avant. Cc jour-là, la première mesure prise sera de renverser toules les barrières mises ùevant elle pour la faire dévier; ce jour-là, il n'y aura plus de Concordat, el nous saurons faire en sorte que le• milliard » ne vienne plus alimenter les forces rétl'Ogratle3•. Quoiquïl en soit et pui~que nous avons incidemmenl parlé du traitement donné par le gouvernement aux évôques el aux curés, nous devons insister sur ce point qu'à aucun moment ces lraiLements n'ont été envisagés comme devant compenser les biens du clergé donnés en gage aux porteurs d'assignats. JI n'y a pas entre l'article 13 el l'article 14 un rapport quelconque qui soit même indlq ué. Bien mieux, la papauté fut surprise el inquiète à la pensée qne le clergé serait pécuniairement sous la dépendance du gouvernement, mais comme Bonaparte ne Youlait pas entendre parler de la dime ni de dolalions immédiates en immeubles des églises épiscopales, il fallut hien accepter l'olîre de traitement. Le texte dit traitement el non pas indemnité, ce qui prouve bien la volonté du premier consul de les appointer au même litre que n'importe quel autre de ses fonctionnaires sans rechercher si ces appointements sont le Juste revenu de biens spoliés. Ainsi, lorsque l'on fait dire au Concordat que le lrailement consenti par l'arlicle 14 est la reconnaissance d'une dette véritable contractée par l'Etat en-.ers le clergé, on fausse corn1. JL :lblhin. L, C_o,d4< IÙ 181JJ, JMIS• 88. 2. On remarquera. que noua ne di.acutou P-'S su.r Ja validité des .-entes des biens d'Égli.se, Talidité toujours contE>"-l6pear les historiens réaclionnalres. Nous renvoyons pour cela à tout ce .-a a''-' dit déjà ''!ru suj.tt dam ... panitt pric6dentes de cel ounage, en rappe,Ianr.sim plement qu'en 1790, l'Jt;glisen'ayant plut la personnalité civHe, ses biens, quelle que soit leur origiDe,eont.t.ombésdan, le domainepublie.

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