Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

582 HISTOIRE SOCIALISTE qui a le plus manqué. Nous avoos dit comment les parlisans de Bonaparte avaient agi sur la masse; or, dans le parti avancé, o.n avaH laisi;é raire puce que cerllains de ses membres avaient l'évé de se servir de Bonaparte. D'après l'eitrait des Mémoires de Jourdan que j'ai déjà eité., au relour d'Egypte, ses amis el lui qui avaient u11momeol songé à Bernadotte (chap ..ut) se concertèrent chez ce dernier • mr la conduite à lenil' avec B001tparte. Je proposai de nous présenter chez lui el de lui déclarer que nous étions disposés à le placer à la tête du pou,•oir e>éculif, pourvu que le gou,•ernemeol représentatif el la liberté publique fussent garantis par de bonnés inslilutions • (l..e eamet historique et littéraire, t. VII, p. 164). Celle proposition fut adoptée et, • vers le 10 brumaire • (Idem, p. 165), Jourdan se rendit chez Bonaparte qu'il ne rencontra pas, mais qui I' • itHib à dtner pour le 16 » (Idem). C'est à ce diner que Bonaparte lui dit : • Je ne puis rien faire avec vous et 1·0s amis, vous n'avez pàs la majorité (Idem) ... Au reste, soyez sans inquiétude, tout sera fait dans lïnlérêl de la République• (Idem, p. 106 . Jourdan el ses amis eu1enl peul-être confiance en celle parole, ma\s ils redoutaient surtout de saU\er des gouvernants eJécrés. • Il nous répugna il, a écrit Jourdan (Idem, p. 167) de défendre un gouvernement qui a1·ail conduit l'Etat au bord du précipice et des iostilulioos dont nous reconnaissions l'insurftsance. Notre premier mou1·emenl ful de rester paisibles spectateurs des événements•· On avait cherché niaisement à accaparer Bonaparte el non à l'entraver; leur bâte de renverser ce qui était, empêcha nombre de Jacobins de comprendre à temps le danger de ce qui allait être. Que faïsaje1olles directeurs? Le président du Directoire, Gohier, élail, vers les neuf heures du malin, pré, rnu par Fouché de la translation à Saint-Cloud du Corps législatir. Etonné qu'une décision pareille eût élé prise à son in,u, il averfü,ait immétliatrmenl ses collègues. Aloulin se mit à sa disposition; Sieyès et Rog, r Duco~ étaient absents, el il trouva Barras en train de prendre un bain : « Comptez sur moi •· lui dil celui-ci (Mémoi,·es de Gohier, l. I", p. 230) qui lui I arul déterminé à la résbtance. Dès que Gohier fùl parti, Barras appela Jlollol, lni • recommanda de courir aux Tuileries voir ce qui s'y passait• (~'ahre (de l'Audel /Jùtoire secrète d11Direcloire. 1. IV, p. 367) el se mil à s'bahiller. Presquii aussitôt après, Gohier rece1ait une lettre des inspecteurs de la ~alle des Anciens l'iuformanl du vole de la translation du Corps législatif et ajoutant : • le décret ,a 1·ous être e,pédié ... nous vous invitons à venir ù lu commission des inspecteurs des Anciens, voos y trouverez vos collègul'S Sieyès el Ducos •(Gohier, Mémowes, p. 237 ). Dans ln salle des séaocesdu Dit·eeloire, 611bier el lloallo atlendirenlea vain Barras. Las d'allendre, Gohier retourna auprèa de 100 collègue; maia II lui ful « impossible de parvenir Jusqu'à lui • (Jdem, p. 240). Le coup préaédU6 contre Gohier, l'imitation de Joséphine, ayant écho~ et rab~lion d'un ..

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