Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

llISTOIRE SOCIALISTE 575 lari<er l'emprunt de l.00 millions en le soumellant ù one réparlilion juste cl conslilulionnelle •· A cet effet, il propo;ait de le rem1°lacer par l'imposition de cinq décimes par franc aux cotes de la contribution foncière, de la cou lribution personnelle, mobilière et somptuaire, à l'exception de celles« qui n'excèdent p!15le prix de trois journées de travail •, de la conlributicn des palent•s à l'exception de celles « de 4.0 francs et au-dessous ». JI parai,sait disposé au besoin à réduire cette impo,ition de dnq décimes par franc, c·cstà-dire de moitié, à trois décimes. Le 17 brumaire (8 novembre), un député du Lol, Soulbié, prononçait dans celle discussion un tr~s intéressant discours qu'on a l'habitude ~e rasser sous silence et qui dél'oilait les roanœuvres « patriotiques • des modérés pour lai,ser généreu;ement au, autres l'honneur de con:riùuer à la défeme nationale à la fois de leur bourse el de leur vie.« La seule proposition, dit-il, de rapporter la loi du 10 messid ir a produit dans la Ilépublique un elîet si ailligeant que vou, ne l'adopterez pas sans les vlus mûres 1éflexions. La loi du 10 messidor ,!oil être envisagée mus le ra; port des circons!ances au ;;ein desquelles elle est née ... L1 loi sur l'emprunt forcé fut la suite de la péril• leuse nécessilé où nous a l'ail plongé;; un goul'ernement ar,ré 'aLeur dont finfluence libe1·ticide, nn moment détruite par un él'énement, avouée de la nation entière, parait vouloir renaitre aujourd'hui et pl'épm·e,· de nouvelles catasil'ophes ... Je ne reconnais que trop l'existence de tous les maux qui nous assiègent; mais je ne les atlri bue pas uniquement à l'emprunt forcé. Dans l'état où nou, somme,, toute autre mesure aurait produit les mêmes elîets. La paix est dans tous les cœnrs, to~1l le monde la désire; on doil reconnaitre qu'un ùernier sacrifice est nécessaire pour l'obtenir. 'l'ont le mal que pou l'ait produire l'emprunt e,1 fait; on a pris tous les masques, suppo,é toutes les privations pour vous faire croire la loi ine,éculaùle; persévérez, et elle sera exécutée. L1 loi, dit-on, a peu produit de rentrées. Je le crois; certaios journaux demi-officiels ne cessent de l'allaquer; car aujourd"hui il est plus facile de provoquet· à la dé.obéissance d'une loi que de railler un magistrat; des rep, ésentants du peuple, journali,1es, ont écrit contre elle, dc-s fvnctiùnnaires, conuns par leur opposition à celle loi, ont été chargés de son exécutiou ... Que le pouvoir exéculi( vous seconde, el la loi sera exécutée ... Les bons citoyens sont punis de leu~ empressement à I ayer, les mauvais, récompensés de leur llégligence ou de leur refus. Enfin qu'on me présente à la place de l'emprunt une mesure qui ait ses résultais productifs et non ses dangers, je l'adopte ». Le Cocseil renvoya la suite de la discussion au lendemain; mais, le lendemain, ce devait être le coup d'Etat. Suivant Arnault (Souve11i1'sd'un sexagénaire, 1. !Y, p. 353), « l'alfaire qui avait été plusieurs fois remise, semblait devoir éclater cl(finiliveme,ü le 16 brumaire; tout était prêt le 15 au soir ». Ce soir-là., après le banquet de Saint-Sulpice, il y eut réunion chez Bonaparte; on y vil Gohier, Fouché,

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==