574 llISTOIUE SOCIALISTE Pour plaire ù ce général que Lous, plus 011 moins naîverneni, l'Oulaienl mcllre dans leur jeu, les Cinq-Cents, lei" brumaire (23 octobre), par 220 voix rnr 306 volant,, nvmmaienl président rnn frè1e Lucien qui, même à relle époque, n'avait pas encore vingt-cinq ans; eL Bourrienne a écrit (édition Lacroix, l. Il, p. 40) que « c'est incontestablement à celle nomination et à la conduite de Lucien, que fut dil le succès de la journée du i9 brumaire». Aux Anciens, la majorité était, nous le saroas, acqui,e à Sieyès; aussi repo11ssail-elle, le 2 brurnaire(24 octobre), la résolu lion volée, le 2 1endémiaire (2• septembre), par les Cinq-Cents el visant les projets, qu'on lui prêtait, de rnmener la France à ses anciennes frontières pour conclure la paix: • Sont déclarés traitres à la patrie el seront punis de mort tous négociateur,, ministres, généraux, directeurs, r~présenlanls du peuple el tous citoyens franç.is qui proposeraient, recevraient, appuieraient ou signeraient un traité portant alleinte à la Conslilution de l'an Ill el ù l'inlégralilé du territoire de la République tel qu'il est réglé par les lois •· De nombreux d(putés èes deux Conseils olfrirenl un banquet par souscription ù Bona1arle et à ~loreau, le 15 brumaire (6 nov, mbre), dans l'église Saint-Sulpice, transformée en 'l'èmple de la Vicloire par l'arrêté du 2ft 1·en1!émiaire an \'li (i5 octobre i108) de l'administration centrale de la Seine, qui avait débaptisé les quinze églises rendues au culte(§ 3, chap. :u). Il y eut là, sous la prési,knce de Gohier, 700 convives rnviron qui, tous au courant des bruits de conspira lion, mais ne sachant pour la plupart rien de précis, se surveillaient embarrassés el silencieux; ,i Driol el DeHrem furent présents, on remarqua l'absence de Jourdan el d'Augereau. Bcuiaparle qui, par méfiance, « avait fait •Pi·o•·ter un pain el ur;e demi-! outeille de vin • dans ,a l'Oilure (Lwallelle, Mémofres et S0111:enfrs, l. l", p. 345), but « ü l'union de lou~ les Français• ; il se relira de bonne heure après a\'oir, a raconté Gohier, adressé en particulier « aux députés les plus marquau ts, des cho,es fla teuses analogues aux sentiments qu'il leur connalL • (M érnoires, t. I", p. 226). Uno des causes inconle,tables de mécontentement à celle époque élail ,l'empru1;l forcé. On n'avait pas besoin d'un coup d'Etat pour s'en apercevoir ni pour chercher à corriget· ce que les diFpositions ,·otées pouvaient avoir de défectueux. Une prOJ!OSilion fut faite en ce rnns au Conseil des Cinq-Cenis, el une commission nommée pour l'étudier. D'après un rapport du ministre de, finances, Robérl Linclel, • le plus habile administrateur de ces derniers temps » (Baudot, Notes historiques sur la Convention, p. 156), adressé au Corps législatif le 14 brumaire-5 novembre (.lion Lier, Rober/ Lindet, p. 312), ·«les réparlitioos de l'emprunt forcé s'élevaient jusqu'à ce jour à 70 800 000 francs, et le recouvrement, tant en bons qn'en numéraire, à 10 184 000 francs ». A la séance du surlendemain (7 oovembre), Thibault, qui avait déjà parlé le 9 brumaire (31 octobre) au nom de la commissioo, demandait aux Cinq-Cents de supprimer le jury taxateur el la progres~ivilé el • de régu•
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