Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HISTOIRE SOCIALISTE 5()1 M. Aulard, t. V, p. 653), il faut constater que ce vote fut la cause d"altroupements assez nombreux qui manifestèrent leur mécontentement aux cris de: « A bas les voleurs, les Chouans, les lrallres I A bas Si~yès et Barras! Nous n'avons que i7i bons représenlants! » (Idem, p. 730). Le journal jacobin, L'ennemi des oppresseurs de tous les temps, chercha ·bien alors à prouver que Sieyès se trouvait dans le même cas que Treilhard (chap. xv11,§ 2, el chap. xx); en fait, il n'y avait là qu·une mauvaise chicane qui n'aboutit pas. Le même jour (i4 septembre) avait été exe.cutée une décision prise la veille, en cachette de Gohier el de Moulin, par les trois autres membres du Directoire : Bernadotte gui soutenait les répul>licains avancés, à qui sa fonction, eu outre de son nom, donnait de l'influence sur l'armée, mais qui n'avait p~s !"esprit de déci.ion que lui supposait Sieyès, ,e voyait enlever le ministère de la Guerre confié par intérim - cela devait durer dix jours - à l'ancien ministre Milet-Mureau. L'émotion qu·excita ce procédé lut si vive que Sieyès comprit qu'en vouhmt être trop adroit, il avait commis une maladresse. Afin de l"atlénuer, il accepta, pour successeur de Bernadotte, un républicain de même nuance, Dul>ois-Crancé. Cet ancien Conventionnel, calomniateur de Babeuf (chap. xm), reclcve1-ail aiusi le colli•gue de Robert Lindet que, le 9 prairial an Ill (28 mai i795), il a,·ait, étant alors un féroce thermidorien, co11tribué à raire décréter d'arreslation (cbap. vn). Comme, à la fin 1!e la séance du 28 (14 septembre) en apprenant la révocation de Bernadotte, on parlait aux Cinq-Ceuls de « coup d'État», Lucien Bonaparte, qui complotait déjà avec Sieyè,, s'écria, pour calmer les soupçons : • Si une main sacrilège voulait se porter sur les rep1ésentants du peuple, il faudrait pemer à leur donner à tous ia mc-rt avant que de violer le caractère d'un seul "• et ii rappela qu·un te,te légal mettait « hors ia loi quiconque porterait atteinte à la sQreté de la représentation nationale"; il devait, avant deux mois, avoir l'occasion de prouver toute la loyauté de celle attitude. A peine. le principe de l'emprunt forcé avait-il été établi par la loi du 10 messidor an VII (28juin i799), que le ministre des finances comoquait un certain nombre de gros banquiers el de gros négociants, entre autres Perrégaux, Fulchiron, Mallet, Germain, Sévennes, Sabathier, Marmet, Thibon, pour se concerter avec eux sur les moyens de suppléer à l'épuisement du Trésor public. Les crédits ouverts pour l'exercice de l"an VII avaient alt~inl 735 millions, tandis que les recelles n"étaienl montées qu'à 448i95i18 francs(Ganilh, Essai politique sur le revenu public, t. II, p. i79). On comii t, après i,lusieurs réunions, "{)econstituer un syndicat qui, le i9 thermidor (6 aoQl), le jour même où fut votée la loi réglant le mode de perception de l"rn1prunt, mil à la disposition du gouvernement 30 millions de bons ou biliets, de :mjours à 120 jours de date, à valoir sur les recettes futures (Moniteur des ill el 20 lhermidor-6 et 7 aot\t). Une commission, compo,ée des quinze principaux souscripteurs, devait, d'accord avec le ministre, surveiller l'émission et la ren-

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