Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIISTOIRE SOCIALISTE lions sur la liste des émigrés cl se montrait plein d'égards pour des nobles el des prêtres (Macleliu, FoucM, 1. I", p. 256); de l'autre, il s"clTorçail de plaire aux ou1•riers: dans une lettre du 25 thermidor (12 aoOt) - veille de la rcrmelure de la salie de la rue du Bac - adres-ée à l'ad111inistralion municipale du 11• arrondissement (Idem, p. 2;;1) il ordonnait, afin d'obvier à la misère résultant du chômage, « une enquête destinée à désigner les chers d'atelier qui pouvaient encore, grâce à un prêt à longue échéance ou à un secours gratuit, tenir ouverts tous leurs ateliers et nourrir ainsi leurs ouvriers, el, d'autre put, les ouvriers travaillant en chamlire, dignes des secours immédiats du gouvernement o. On ignore si Célie mesure fut générale; en tout cas, elle n'eut pas grand ctret pour les ouvriers; car, à la séance des CinqCents (lu 4 1endémiaire an YIII (26 septembre 1799), on ,oil un ami de Bona1arlc, Fabre (de l'Aude), signaler de nouveau la misère des ouvriers, rédamer l'organisation de travaux cl dénoncer les arrièrc-pemées de rerlains patrons cherchant à e,citcr le mécontentement de la classe ouvlière pour peser !Ur le gouvernement : • Un objet, dil-il, qu'il est impossible d'ajourner, parce qu'il peul influer sur la tranquillité publique, c'est l'état dép!orable où se lroU1ent un grand nombre d'ouvriers que le défaul de moyens, la peur d'une trop (orle la~e dans l'emprunt de cent millions, ou pcul-élre la malveillance, ont fait renvoyer des ateliers 11. Une commission ful chargée d'éludicr la queslion. Unecxcclleotc résolution volée par les Cinr,-Ccnl~, le 13 fruclidor an VII (30 aoùl 1700), ful celle qui rapportait la loi du 18 fructidor an V (4 SPplembre 1707) aulorirnnl (chap. xvn, § l ") l'rntréc ou le maintien des troupes à Paris et dans les en,irons; ,nais elle Nait rejetée par les Andens le 2•• jour complémentaire (18 septembre). Le par li Jacobin tenta de prend rd sa revanche de son échec au sujet des clemandcs en accusHion; cl le général Jourdan, qui marchait avec lui, défendit, le 27 fructidor (13 septembre), de\'anl le Conseil des Cinq-f.cnls, la décision volée par la société de la rue du B,,c le 2;; thermidor (12 aoOI) : il lui demandait directement de déclarer" que la patrie est en danger, que sa liberté, sa constitution, sont menacées rar des enn(•mis intérieurs et extérieurs 11. L1 iéance rut une des plus orageu~es qu'il y eùl encore eu; Lucien Bonaparte préconisa « une marche forme el constante èans le sentier cooslilulionnel 11, el combattit la proposition; le président cul l'habileté de faire prononcer l'ajournement de la discussion au len• demain. Les modérés profitèrent de ce délai pour rallier les indécis et, le 28 (14 septembre), JourJao rut battu par 245 voix contre 171; les modérés l'rmportaient !léflnitivemenl. Alors que, le mois précédent, uo rapport Cu Bureau central de Paris signalait que les ouvriers, malgré la situation écono, mique déplorable donl ils se plaignaient beaucoup, - • les manufaclurei grandes el petites, sont presque désertes; la maçonnerie rnrlout est sans occupa lion» - s'inquiétaient peu • de questions politiques • (recueil de

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