562 HISTOIRE SOCIALIS'l'E trée de ers ltillets qui, malgré tout, perdaient bicl)Lôl près d'un quart à vingt jours cle date. Le produit de l'emprunt ne semblait pas devoir alleindre au montant de ces engagements anticipés, le déficit élait énorme, et les Conseils n'avaient pas encore pris de résolutions définitives sur les moye11s d'assurer le service de l'an Vlll, lorsque eut lieu le coup clï!Lal. Nous avons vu (chap. xx) que le parti qui triompha aux élections de l'an \li manifesta, avanl le 30 prairial, le souci d'obvier aux dilapidàlions, aux spéculations, au désordre des finances. Ses orateurs revinrent fréquemmeul rnr ces sujets, ce fut notamment le cas de Poullain-Grandprey au Conseil des Cinq-Cenls. Le i4 vendémiaire an Vlll (6 odobre 1799), il préconise des mesures. de nature à assurer la régularité, le conlrôlc. el la rapidité ùe la complabililé publique. Le 23 (15 oclobr~), il propose une ri-forme qui a élé accomplie dep11is: aux contribuables en rclartl, on imposail alors le logement el l'enlrelien, pendant un certain délai, d'un individu qui était le garnisaire : « Qui ne sait, dit-il, que les frais de garnisaires s'élèvent à plus de 25 millions cl que celle énorme charge ne I èse que sur les citoyens les moins aisés? t\ous vous proposons d'abolir celte mélhoc\e ruineuse, el d'y substituer des saisies qui n'auront lieu qu'après 1,lusieurs avertissements el qui ne pourront coiller au contribuable au delà de 3 fr.• Ses propositions <le réformes finaneièr~s n'étaient, du reste, pas toujours aussi heureuses. Le il cl le 20 ,enùérniaire (3 cl 21 oclolJrè), il développait un r.ouveau mode de recouvrement des contributions el, pour réaliser des économies, il proposait de supprimer les agents de l'Élal, à l'exception des receveurs généra11x, el d'adjuger au rabais la perception des conlribulioos directes avec obligation, pour l'adjudicataire, de fournir un cautionnement en immeubles. Dans la même séance où il réclamait la suppression des garnisaires, il s'occupait du régime des salines api arlenanl à l'Ii:tal. li a été dit précédemment (début du§ 8, chap. ,.,) que les salines de l'Esl, après avoir été exploilées en régie, avaient élé, en brumaire an VI (novemlJre 1797), affermées à une société privée; or Poullain-Grandprey, comballanl à· la, fois la régie el l'aiîermage, demanda la vente des • salines nationales de l'Est », des • marais salauts nationaux• el des« salins connus sous le nom de salins de Peccais•• village du Gard, sur la Méditerranée, au sud d'Aigues-Morles, toul cela au nom des a vanlages lrès exagérés de la concurrence. Comme certains radicaux de nos jours, la 11luparl des ~acobins associaient plus aisément que ralionoellemenl l'individuafüme économique à l'étatisme politique. ' Une loi ~u 12 vendémiaire an VIII (4 octobre 1799) vi,;a aussi à rétablir l'ordre dans les comptes des diverses adrnini,tralions. Une autre loi du même jour ordonnait à tout entrepreneur, fournisseur, scumission11aire, de rendre « un cornple général el définitif, appuyé de pièces justificatives, du service donl il a été chargé », el prévoyait le cas de restilulion. • La loi ne fut pas e~écutée », constate M. Slourm (Les financfs de fancien régime el
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