Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HIS'fOIRE SOCIALISTE 520 par se convaincre que leur accord contre lui avec tous les républicains avancés valait mieux que lP.ur divi~ion avec ceux-ci 1, son profil. Dans ces conditions, il ne restait au Directoire qu'une chance de consener le pouvoir, c'était de vaincre le, ennemis extérieurs. Les défaites éprouvées en germinal (mars et avril) par l'armée du Danube et par l'armée d'[talie, ramenèrent ù penser qu'un seul homme, Bonaparte, était capabk de remporter les vicloirrs nécessaires el de le sauver. On Ir connaissait ambitieux, envahissant, désireux d'être partout le maitre; on savait que, si on avait recours à lui, il faudrait se résoudre à lui accorder une part dans le gouvernement, el d'abord on hésita. Quand les choses se gàlèrent décidément pour le Directoire, entre les deux maux il choisit Bonaparte; de là la lellre du i 1-rairial (?û mai) à Bruix, lui prescrivant d'aller le chercher en f:gyple. ::-;oussaYOns (chap .. ,n, ~ 2) que Bruix ne put accomplir celle mission. Le 1" prairial (20 mai), l~s Conseils renouvelés étaient entrés en fonc-. lion, el le Directoire fut tout de suite l'objet des récriminations les plus ,ives. Le 6 (25 mai), au Conseil des .\nciens, Dubois-Dubais dénonçait la « coalilion des fripons» qui ruinait le Trésor public, el il accusait formellement Scherer, ancien ministre de la guerre. Le 8 (2i mai', au Conseil des Cinq-Cents, Français (de Nsntes) flétrissait l'impunité dont jouissaient le, royalistes assassins dans l'Ouest el dans le )lidi: • Quelle e l donc, s'écriait-il très justement, la cause de la continuité de tant de crimes? Elle est dans .... la compressiqn de tous les républicains énergiques, adoptée d'abord comme un système el suivie comme habitude; elle est dans la deslitulion de plusieurs milliers de fonctionnaires publics; elle est dans la tiédeur, clans l'inertie ,!r tant d'êtres hermaphrodites appelés dans les places par l'autorité trompée, et qui n'ont d'autre mérite que de n'avoir pas ouvertement conspiré la ruine de la République; .... elle est dans ce système de balance .... qui consiste à faire hausser ou baisser à volonl6 le parti des républicains, espèce cl'escarpolelle politique qui, laissant toujours la victoire indécise, alime nie la fluclualion des partis, échauffe la résistance et éternise les réactions; elle est dans lïnlerdiclion faite à tous les citoyens français du plus beau droit q'ue leur assure la Conslilulion el qui est parmi eux le garant de Lous les autres, le d1·oil de se réunir el de manifester publiquement ce qu'il y a de plus libre dans le monde, je veux dire la pensée; elle est dans la m~tamorphose Calle, comme par un coup de baguelle magique, de tous les républicains vigoureux en anarchistes et de Lous les êtres nuls en seuls gens de bien "· A ces constatations sur le personnel administralit de l'époque, il faut ajouter celles lie Poullain-Grandprey visant les commissaires de la Trésorerie nationale el leurs su!J-Orclonné,. Oans un rapport lu le 3 prairial {22mai) au., Cinq-Cents, il établissait qu'à la date du () fructidor an VI (26 aoùl t708), douze payeurs géoé1aux n'avaient pas encore fourni l'état de situation de l'an V, onze autres n'en avaient fourni que de parliels, el • de tels hommes

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