528 lllS'l'OII\E SOCIALISTE 22 floréal an VII (11 mai 1700), s'efforce1·de faire cerliüer par les administrations municipales de plusieurs cantons qu'il y avail eu scission dans des assemblées primaires, alors que c'était faux, el, sur leur refus, le certifier eux-mêmes. Mais toutes ces manœuvres furent ,llutiles : le 1" germinal (21 mars), les assemblées priraaires el, le 20 (9 avril), les assemblées électorales se prononcèrent en masse pour les adversaires républicains du Directoire. Celui-ci n'avait plus la ressource d'opérer contre eux par voie d'exclusion, comme il l'avait rail en floréal an VI (mai 1798); car il ne disposail plus d'une façon certaine de la majorité dans les Conseils. On en eul la preuve lors de l'examen des opérations électorales; le système des scissions fut con• damné, même par certains de ceux qui l'avaient approuvé l'année précédente, et, pour la première fois, les Cinq-Cents se préoccupèrent de faire triompher les • choix libres fails par les majorités• (séance des Cinq-Cents du 13 floréal an Vll-2 mai 1799). Le 20 floréal (9 mai), le Directoire procéda à la désignation, par voie de tirage au sorl, du directeur sortant; ce rut Reubell qui se trouva exclu : les Cinq-Cents n'achevèrent qutl le 24 floréal (13 mai), après trois tours de scrutin, de dresser la liste des dix noms parmi lesquels les Anciens auraient à choisir le nouveau directeur; celle lisle comprenait plusieurs opposants; le 27 (16 mai), les Anciens élurent Sieyès par 118 voix, tandis que le candidat le plus agrfable au Directoire, Duval, le ministre de la police, n'en oblenail que 74. Sieyès était à ce moment ambassadeur à Berlin. On le savait parlisa11 obsliné de la revision d'une Conslilulion dont il n'était pas l'au leur; ne voulant pas participer au fonctionnement de celle Constitulion, il avait refGs6, en brumaire an IV-novembre 1795 (chap. xn), de raire partie du Directoire; son acceptation en 1799 signifia pour tous qu'on all~il s'acheminer vers une modification de la loi conslitulionnelle. A peine arrivé à Paris, il ful inslallé (20 prairial-8 juin); tout de suite il se montra aussi froid pour ses collègues que cordial à l'égard de certains dépulés de l'opposition, cle Lucien Bonaparte en particulier, et il commença à manœuvrer pour s'assurer, dans le gouvernemen Lde la France, la place prépondéranle qu'il ambitionnait el que Bonaparle, en brumaire, devait lui souffler. Les modé1·és qui, en grand nombre, avaicnl élé heureux cle sa nomination, se rallièrent aulour de lui. A eux seuls, en elTet, les républicains avancés, auxquels surtout élail appliqué à celle époque, nous le savons, le nom de • patriotes », n'avaient pas la majorité li ans les Conseils; mais ils ne consliluaient pas non plus toute l'opposilion républicaine. On y trouvait à côlé d'eux une fraction imporlanle de modérés qui, alors sincèrement républicains pour la plupart, avaient compris le mal que faisait à la République un gouvernement plus ou moins sciemment complice des plus scandaleuses dilapidalions. Ces modérés flnirent par s'apercevoir que le Directoire, Leiqu'il se trouvait composé, n'avait pu el ne pourrait se maintenir qu'en oppo~ant les républicains les uns aux autres, el
RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==