Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

n04 HISTOIRE SOCIALISTE partie à Coire; la troisième, de 75 000 hommes, en llalie, entre le Tagliamento el l'Adigc, sous le commandement provisoire de Kray (Idem, p. 543). Dirers corps russes, en tout 30 000 hommes, étaient attendus. De plus, Russes et Anglais devaient agir de concert en Hollande el dans le royaume de Naples. Les coalisés prétendaient envahir le territoire même de la France el restaurer la monarchie. Contre ce terrible assaut, les troupes françaises avaient 1c double désavantage d'être inférieures en nombre à leurs adversiires et - par suite d'une fausse conception tactique encore en vogue - morcelées quand ils étaient. concentrés. L~s armées de Jourdan, de Bernadolle, de Masséna n'en reçurent pas moins du Directoire l'ordre de prendre rolîonsivc. Jourdan devait, dès que son armée serait arrivée au Danube, occupn les sources de ce fleuve el du Neckar; )!asséna· avait à se concerter avec lui_ pour envahir les Grisons, en même temps que Jourdan pénétrerait en Souabe; l'armée d'obscrvalion, après s'être portée entre le Neckar et le Main, soutiendrait l'armée de Mayence, et les troupes de l'armée d'Italie stationnées dans la Valteline seconderaient l'armée d'Helvétie (Revue d1dstoii·e rédigée à l'é-· lat-major de l'armée, décembre 190:l, p. ;;37 et 583). Le 6 ventôse an Vll (:?\ février iï09), l'armée de Mayence commençait à se concentrer en vue du passage du fihin que Jourdan annonça à Mass6na et à Bernadotte pour Je 11 (1" mars). De son côté, l'archiduc Charles, suivant les prescriptions de l'empereur, en date du 23 février (Idem, p. 53:',), avait à couvrir la Souabe et la Franconie, et, en cas de victoire, à chasser· les Français de la Suisse. li avait r~çu des renforts du 31 janvier au 10 février el décidait de franchir le Lech le 3 mars. Dans la nuit du 11 au 12 ventôse (l" au 2 maro), Bernad,olle passait le Rhin près de Spire; une brigade se portail sur Mannheim dont elle s'emparait sans résistance; un petit corps était laissé devant Philippsburg et le reste de l'armée s'avançait jusqu'à Heilbronn. Le H ventôse (l" mars) également, l'armée de Jourdan franchissait le Rhin à Bàle el à Kehl; elle marchait vers l\oltweil el Tuttlingen, et devenait l'armée du Danube. De son côté, l'armée de l'archiduc Charles tra\'ersail le Lech à Augsburg, Landsberg el Schongau, el se dirigeait vers Biberach et Ravensburg. Pendant que l'archiduc et Jourdan se rapprochaient lentement, les hostilités commençaient dans les Grisons : l'opération principale consistait à s'emparer du massif des Alpes centrales pour isoler les armées de l'archiduc el de Kray occupés de leur côté. Masséna, après avoir, le 15 (5 mars), rassemblé les troupes du centre de l'armée d'Helvélie, opérait, le lendemain, le passage du Rhin au-dessus el au-dessous de Coire, el obligeait Au!Tenberg, qui s'était replié sur. les hauteurs de celle ville, à se rendre (17 venlôse-7 mars) avec 3000 hommes. Au même moment, Oudinot, avec une !Jrigade de l'aile gauche, passait le Rhin non loin de Vaduz el s'établissait sur la route de Feldkirch; à la tête de la partie extrême de l'aile droile, Lecourbe quittait Bellinzo~a le 17 (7 mars),

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