Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

• HISTOlfiE SOCIALJSTE remises allaol jusqu'à 40 •/•; comme il était difficile, eo elfrt, de tirer de l'argent du Directoire, ils a,,aieol recours à des intermédiaires puissants qui, aprè's leur avoir payé leurs ordoonances avec une forte remise, parvenai~nl à décrocher des • vi,as d'urgence » el à se les faire rem!Jour,er par le:Trésor public intégralement. Souvent, quand ils devaient, ils ne payaient pa,. Ainsi Amel,:,1. rornmissaire civil, éc.rivrutd'llalie, le 26 brumaire an v:r (16 novembre 17,1,; : «Jusqu'ici, les entrepreneurs de subsistances et de fournitures sont les principaux acquéreurs des !Jiens ualionaux conquis, il eu est <1uiles ont gardés 1•1frontément saus payer leurs créanciers • (Sciout, ldem., p. 22). D'autres fois ils ne fournissaient rien pour les approvisionnements qui leur élaien· p1yt'=: la compagnie Lanchère "qui av3it si !Jien servi jusqu'ici à affamer no, armé•·• .., disait, le ï nivôse an IV (28 décembre 1i!:l3),dans un rapporl, le commis,.1ir0' du gnuvcrncment près l'armée d"ltalie, Riller, " ne remplit pas le milli,'m~ des conditions de ~oo marrhé • (Fabry, Ui1toire de l'a,·mù dït,i/iP. 17!.t:,-!10, l. l", p. 377 et 38::;,. La compagnie Bodin, qui avait reçu eu i'an Yl Cl Pn l'au \ll (1797-iiOS;, en quinze mois, tanLà Pari, qu'en !Lalie, prè, tle 2Z millions pour les approvisio11ncments d6 l'armée, ne faisait pas son ~erl'ice. Cette« compagnie Bodi_ncouue l'Italie d"employes et ne fournil JJùint: mais elle se fait des pièces comptables; voilà J"argot de celle baude », lit-on 1lans une lettre particulière dn 13 germinal an \"JI(:? avJ'il 17:)9), publi•·e dans les Mémoires de La Revellièrc-Lépeaux (l. Ill. p. 3:;ï). On s'en prenait non à elle, mais aux habitants sur qui cela retombait •ous forme de réqui~ilions odieuses. Un des plus cyniques filous de l'armée d'Jlalie avait été Joseph Fesch, oncle de Dùnaparte, devenu depuis cardinal (chap. x1v). De Suisse, notre ministre Perrochel écrivait, le 15 ventôse an \li (5 mars iî99), à La ne,-ellière : « Il faudrait un juge et des potences dans chaque armée pour assurer le service des sub,istances. Ce que nos pauvres soldats ont soufîert cet hiver ne se conçoit pas» (Sciout, Le Directoire, l. IV, p. 136, note). Il esLvrai que • la misère de la troupe contrastait avec le luxe et l'éclat auxquels s'étaient haù1tués la plupart des généraux ,, (Revu.e d'histoite rédigée à l'étal-major de l'ar mée, mai i001, p. 1142). Les ordonnances des fournisseurs, nous l'avons vu (chap. xv), avaient été admises eo payement des biens nationau,; d'autres enfin avaient été réglées par des inscriptions sur le Grand-Livre. Nous lisons dans le rapport de police du 6 fructidor an IV (23 aoO.t 1796): • On cite des individus qui sonl portés sur le Grand-Livre et qui sont porteurs d'inscriptions de 1-00000livres qui produisent 5000 livrns et qui n·ool P":• fourni un capital réel de 3000 livres •· Il est vrai que la reot.e de 5 000 li \Tes était plus nominale que réelle; mais le fait n'en reste pas moins exorbitant. Suivant la remarque de Génissieu au Conseil des Cinq-Cents, le 19 thermidor an VI(6 aoO.t1798) : "Quand on dil que les marchés sont onéreux parce que le Tréso.r e!l vide, on prend

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