Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

IIISTOII\E :,OCIALISTE Jincsj, landfa qu'il ne valait dans le pays que i0 à il francs• (Revue miliLai,·e, Archives histo1·iq1te$, n• de juin i899, p. 144). Une compagnie Gaillard (séance des Cinq-Cents du 26 floréal an V-i5 mai i707) vendait au ministère de la marine du blé à 42 fr. 31 les iOO kilo;, tandis qu'à Paris el dans la Beauce, ils coûtaient 30 fr. 24, Cn an avant (messidor an IV-juin 1700), ce môme minisl1're les avaienl payés 26 fr. 7i (Archives nationales, F11 1173). D'après un mémoire du mini lère de la guerre au Directoire (Archive,; nationals, AF m 543), les entrepreneurs Jovin et Dubouchet, de la manufacture d'armes de Sainl-Eticnne, se faisaienl, « par une coupable connivence al'ec les officiers d'artillerie chargés de la surveillance des ateliers et les commis des bureaux de la guerre», délivrer, en abondance et à vil prix, comme étant de rebut, des matières p1·emières ou confectionnées; n'ayant, par ces escroqueries, aucune concurrence à redouter, 11s obtenaient les commandes non seulement du gouvernement français, mais des républiques alliées; avec les matières escroquées, dit le rapport, ils font • établir pour le gouvernement les fusils quïls sont chargés de lui fournir, de manière qu'ils vont lui ven• dre 30 fr. ce c1u'ils ont acheté de lui pour 3. On pretend que cette dilapidation extraordinaire leur vaut près d'un million .. , Ces messieurs les entrepreneurs fournissent au gouvernement ligurien une grande quantité d'armes; ils ont p1·is dans les magasins de la République à Saint-Etienne les canons, platines, garniture,, le tout-prêt et achevé; ils en font de beaux et bons fusils, sur lesquels ils font des bénéOces aussi grands que sur ceux qu'ils fournis;ent au gouvernement. Ajoutez à ces abus qu'ils songent pfus à leurs fournitures pour Gênes qu'à celles qu'ils doivent faire à la République fran - çaise »; par arrêté du 29 fructidor an VI (i5 septembre 1798), le Directoire autorisa aussitôt l'apposition des scellés sur la manufacture d'armes. Des dilapidations semblables étaient, au même moment, signalées à Charle-ville. Au délmt de l'an Vll (On iî98) Amelot dénonçait la compagnie Felice pour ses mauvais habits, la compagnie Monneron pour les mauvais chevaux fournis à la cavalerie, etc. (Revue d'histoire rédigée à l'état-majdr de l'armée, n• de juillet i.903. p. 90), Une compagnie- llusset, d'après une plai nie du général Schauenbourg du 20 germinal an YI! (0 aHil 179:J) fournissait des habits ridiculement petits, même pour les hommes les plus petits (Sciool, Le Directoi1·e, t. IV, p. i37, note). Et rnici les paroles de Dubols-Dobais ao Conseil des Anciens le 6 prairial an VII (25 mai 1700): « A qui persuadera-t-on, par exemple, qu'il faut que le gouvernement paye les chevaux 350 Cr, à des fournisseurs, quand ceux-ci se les font donner à-240 fr. et même à moindre prix 1 qu'il faut qu'il paye les baltes 17 el 18 fr,, quand l'ouvrier les l'lllt pour 8 el !) Cr.? qu'il faut qu'il paye les farines 49 fr. le sac, quand on lui a offert d'en fournir à 37 fr.? et ainsi de toutes les autres fournitures dans lesquelles on comprend des choses qui n'ont jamais été livrées •· On n'est pa9 surpris à ee compte qu'ils aient pn s'enrichir, même en faisantsur leurs· onlomtancesdes

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