Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

,. HISTOIHE SOCIALISTJ<: la majeure pour la mineure. ll faudr~it dire: le Trésor est Yide parce que les marchés sont onéreux •· A la m0me séance, Chabert aYail dit avant · « li est facile de vous prouver que les sommes que reçoivent les fournisseurs sont plus que suffisantes pour satisfaire à leurs fournitures. Ne louchassent-ils que le quart, leurs bénéfices seraient encore considérables, puisque leurs marchés outrepassent toujours les trois quarts de la valeur, et que la plupart d'entre eux étaient dans la détresse avant d'être admi3 dans la bande des fournisseurs et que, peu de temps.après, ils sont devenus millionnaires, et la République leur doit encore des sommes énormes ». De nombreux traités conclus avec les financiers de l'époque aYaienl pour but de procurer du numéraire au Trésor. Tels furent les traités du 16 Yenùémiaire an V (7 octobre :1796)aYec Warnet, Klein, Perrolin el c•· et, du 4•jour complémentaire an VI (20sep!embre 1798),ayec Vaulenbergh etC''; pour ce dernier, le diamant le Régent devait être déposé en nantissement; Vau· Ienbergh sul si bien prêter au Trésor l'argent qu'il lui soutirait, qu'il y gagna tout le quartier Beaujon. D'autres traités de ce genre aYaienl été conclus, d'après le premier compte rendu im1irimé de Ramel sur 'les finances avant l'an V, ayec )lagon de la Dallue, Devinck, Lang, Hupais, Geint ·el C'•, Tourton, Ravei, Chevremonl, Sadler. Au~ nommés Gobert, Morse Isaac el C'•, • munitionnaires généraux des vivres-viandes de l'armée de Rhin-et-Moselle», on abandonnait, le 3 frimaire an V (23 novembre 1796), pour leurs ordonnances, des quantités de fer, de cuivre, de houille, etc. Dix Jours après, le 13 frimaire (3déccmbre), à une compagnie Ragueneau, qui s'engageait à livrer en numéraire 20 000 francs par jour pendant un mois, soit 600000 francs, el 3 millions en lettres de change dans divers délais, on accorda_ilune remise de ::l 0/0 sur les 3 millions 600 mille francs plus.jusqu'à concurrence de cette dernière somme intégrale, le produit de la Yente des coupes de bois pour l'an V dans 17 départements; elle aYail enfin le droit d'acquitter les 3 millions soit avec des fournitures, soit avec le montant des créances de ceux qui les auraient faites : chaque ordonnance de fournisseur livrée par elle acr1uittée devait Nre reçue au comptant par la Trésorerie. Toutes ces transrormalions, toutes ces complications servaient à accroitre les bénéfices des spéculateurs au préjudice du Trésor public (Archives nationales, AF" m :183et 1S6). D'après un rapport de Camus présenté le 5 germinal an V (25 mars 1797) au Conseil des Cinq-Cents siégeant en comité secret, le nommé Paulel, auto1-isé,le 8 frimaire an V (28 novembre 1796), à prendre pour f6 millions de biens nationaux en Belgique, sans enchères et sans le moindre payement en nu111éraire,en avait, le 28 pluviôse suivant (16 février 1707), acquis pour 4 millions contre diverses Yaleurs représentant seulement 579 451 francs. L'affaire de ce genre qui fit le plus de bruit, l'ut celle de la compagnie Dijon. Sous le nom de J.•B. Dijon etc•• se cachaient, par prudence sans doute, la pudeur n'étant pas à leur portée, deu1 chevaliers d'industrie, Hainguerlot

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