Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

402 HISTOJRE SOCIALISTE commencé dès le 23 l)luviôse-11 lévrier (Gachot, Hi.,toire militaire de llfass1ma, la première campagne d'Italie, p. 314 noie et 'P· 3211). Mais si on ramassa de l"argcnl, on ne paya pas la solde arriérée des troupes. I.e contraste entre les rapines ùcs uns et le dénùment des autres suscita chez ceux-ci un mécontentement qui ne larda pas à éclater. Un arr/Hé du Directoire du 1:; pl1.1viôse(3 fél'rier) avait nommé commandant en chef des troupes délnchl>cs de l'armée dïtalie pour occuper les Etats da pape, Masséna, qui arriva à nome le 1" ventôse (19 février). Berthier, toujours coœmaodant ea chef de rarmée d'lLalie, décida que Masséna prendrait son commandement le 5 (23 léHier). Par ces dates, il est évident qu'en la circonstance Masséna n'eut au· cune responsabilité dans les faits dont se plaignaient les troupes; mais il avait existé une vive animosité entre les officiers de la division de Masséna el ceux de la division de Bernadotte pendant la derniè,e campagne contre l'archiduc Charles - certains même s'étaient battus le 3 prairial (22 mai) à Gorizia; - or, trois demi~brigades de la ùil'ision de Bernadolte figuraient dans le corps d'occupation de Rome, et la nomination de Masséna dont ils ne voulaient pas, fut, d'après M. Gachol (idem, p. 331), la goutte qui fit déborder le vase. Le 6 ventôse (24 février) deux ou trois cents officiers suballe.rnes, depuis les sous-lieutenants jusqu'aux capitaines, se réunirent au Panthéon et rédigèrent une pétition qne Masséna refusa de recevoir, ne pouYanl, disait-il, écouter que des plain les individuelles. Ce refns enl'enima les choses el Masséna se trouva en bulle à de telles menaces que, le 7 (25 février), il qurtla Rome. Le clergé voulut aussitôt protlter de la situation et, faisant répandre le bruit que « les madones pleuraient •, il réussit à provoquer ce même jour, 7 venl<lse-2:; l(wrier, aux cris de• ''il'a Maria! • (Mémoires du maréchal Gouvion Saint-Cyr, t. l", p. 32 el 33), uu soulèvell!ent des Transtévérin&, c'est-ùdire des habitants de la rive droite du Tibre. Cemouvement de malheureuses victimes de l'abêtissement catholique fut vite réprimé; une nouvelle tenta-• live, le 23 germinal (12 avril), ne devall pas avoir plus de succès. Berthier dont, sans compter ~a condescendance à l'égard du p,rpe., tout Je rôle dans cette affaire paraH lrès louche, quitta Rome le 8 •ventôse (26 février), en confiant momentanément le commandement de la place au général Dnllemagne. Une l)artie de l'arriéré de la solde fu I payée et, le ?,3 ventôse (13 mars), Masséna put rentrer à Rome sans incident. ~ais une proclamation imprimée Hans la nuit et affichée le lendemain mlllin. qu'il terminait en parlant des « mesures que les circonstances pourraient e.dger •• déchaina, par la crainte de reprb.lailles, une nouvelle rébellion, et les offlcien; déléguèrent, le 2:; (15 mars), quatre lies Jel.ll'ScaUl)rès du 'Directoire. Ils étaient partis lors- 'Jl'e, le 28 (d8 mors), les commiS6ai-res chils de la 'République française auprès de l'Etat romoin, Monge, Daunou, Florent et FaipouU, qui s'6laienl, ù", illcurs, monlrés hostiles à 'Masséna, lui eignitlèrf'lll qu'un a~6 da Di-

RkJQdWJsaXNoZXIy MTExMDY2NQ==