Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

HlSTOJRE SOCIALISTE 'ifl:J recloire du 18 ventôse (8 mars) lui ordonnait de se rendre immédiatement à Gênes et d'y attendre des ordres; il a,•ait pour successeur Gouvion SaintCyr qui arriva à Rome le 6 germinal (26 mars}, et l'armée de Ilome allait redevenir - jusqu'à la nomination de Championnet - une simple division de l'armée d'Italie. Les troupes reçurent ,atisfaclion ; toutefois, les quatre délégués et d'autres officiers furent arrêtés: traduits de,·ant un co~seil de g!Jerre siégeant à Driançor., ils furent acquittés le i9 Lhermid or an YI (6 août 1708,. Quant à Masséna, cle Gênes il dut se rendre à Antibes; après une inaclivité de près de cinq mois, il fut informé de ,on envoi à l'armée de 11ayence d'où une décision du 29 frimaire an Vil (19 décembre 1708) le fit passer à l'armée d'Helvétie. A la suite d'un difTérend avec les consuls et les commis-aires civils, Gouvion Saint-Cyr devait à son tour, par arrêté du 2i me,sidor an YI {15 juillet 17W), quiller Rome où Macdonald le remplaçait. Les Treize Cantons suisses confédérés étaient, sous l'éliqurlle républicqine, un as,emblage de gouvernements aristocsali<1ues ayanl cl des pays alliés comme les villes de ~lulhou·c el de Dienne, et des pays sujets, soit de plusieurs canl~ns, comme c'élail le cas pour l'Argovie, la Thurgovie et le Tessin, soit d'un seul comm~ le pays de Yaud soumb aux Bernois. Par suite de leur situatiûn intérieur·, des réformes réclamées en vain par une majorité sujelle à une minorité souveraine, les cantons suisses el leurs dépendances étaient le théâtre d'agitations locales dont le Directoire français ne fut nullement cause, loul en ayant été cerfainemeut henreu~ de les YOir se produire .. Le résultat devait èlre q1w Dàle, Soleure el Lucerne en janvier 1;os, Zurich el Schaffhouse en février, réformèrent leurs constitutions dans un sens démocr.1lique; à celte même époque, de sujcls cle certains cantons, la Thurgovie et le Tessin devinrent leurs égaux en droits. Considérant un peu arbitrairement la France comme rcpré,enlanl les ducs de Savoie qui, au xn• siècle, en cédant à Berne le pays de Yaud, avaient slipulé en sa faveur le maintien de certains privilè'ges, le Directoire prèta complaisa!Ilmenl l'oreille aux plaintes des Yaudois et, en vertu d'un arrêté du 8 nilôse an VI (28 décembre 1797}, son chargé d'alîaires Mengaud déclarait à Berne, le i4 (3 janvier 1ïll8), que la Ilépublique française entendait garantir les ancien; droits de ceux-ci. Les autorités bernoises ayant jugé opportun d'exiger que le pays de Vaud leur renouvelàt le serment de fidélité, se heurtèrent à des refus et, le i5 janvier, à un commencement d'insurrection; le 24 janvier, le pays vaudois proclamait son indépendance. Le général Ménard qui se trouvaiL à proximité à la tête d'une dil'ision de l'armée d'Italie, - et celle J>récaution démontre l'arrière-pensée du Directoire, d'accord en cela avec Bonaparte, alléché par le trésor de Berne el empressé à profiter des événements, - pril prétexte d'une agression dirigée, le 6 pluviôse (25 janvier), contre un parlementaire qu'il avait envoyé avec une pelile escorte au quartier général bernois à Yverdou, et passa la frontière le

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