Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

lllSTOIRE SOCIALISTE Le tsar voyail de mauvais œil, nous l'avons dil, les sympathies du Directoire pour les réfugiés polonais cl del'ail en arriver, sous l'impulsion de Thugut, à soupçonner le gouvernement fronçais de tendre à la reconstilution de la Pologne. Aussi, à la fin de 1707, un an après son arèncmenl, il prenait à sa solde Condé et l'armée des nobles émigrés, si élrangemenl patrioles el nalionalisles, abandonnés par l'Autriche après Leoben; au début de 1798, il donnait asile à Louis XVIII ol peu à peu manifeslail conlrc la France des sentiments d'une hoslililé plus agissanle; ce faisant, il obéissait surloul aux habiles suggeslions des agenls anglais qui, nous le verrons dans le chapilre x1x, § 1", obtinrenl, pour l'Anglelerre, le 22 avril ii08, l'appui de la marine russe. Le frère ainé de Bonaparte, Joseph, avail été nommé, le :!O floréal an V (15 mai ii97), ambassadeur de la République française à Rome. Le 8 nivôse an YI (28 décembre iî97), sous prélexle d'un rassemblement populaire que des agents prorncaleurs al'aienl contribué à former afin de fournir ,lUX aulorités papales le moyen de frapper les démocrales romains, les soldats <lu pape lirèrenl sur une foule désarmée : « l'allilude du gouvernemenl romain demeure injustifiable; elle ne peut s'explic1uer que par la trahison ou la faiblesse, par Ioules les deux peul-être •. (Ernouf, Nouvelles é111desur la Révolution f..ançaise, année iï98, p. 188). Le général Duphot qui ,e lrouvail à Rome auprès de sa fiancée, la belle-sœur de Joseph Bonaparte, ful tué et son cadavre dépouillé; le curé de la paroisse, en particulier, s'adjugea la montre (GafTarel, idem, p. 231). Ses réclamations étant reslée; sans réponse, Joseph Bonaparte quilla la ville le lendemain. Les troupes françaises, sous le, ordres de Berthier qui, nommé le 19 frimaire an VI (9 décembre 1iU7), général e11chef de l'armée d'Italie, avail, le 2 nivôse (22 décembre), pris le commandement des mains de Kilmaine chargé de l'intérim depuis le départ de Bonaparte, marchaient ùienlôt sur Rome del'anl laquelle elles arrivaienl le 21 pluviôse (9 !é,•rier), sans avoir rencontré de résislance. Le 27 (15 tévrier), la population proclamait la République. Le pape Pie YI eul beau mulliplier les processions et annoncer des miracles, il n'en ful pas moins inslallé, le lendemain de l'arrivée de .Masséna (2 venlôse-20 février), dans une chaise de posle el conduil d'abord au couvenl des Augustins à Sienne; il devait èlre plus lard (26 messidor an Vll-14 juillet 1799) interné en France, à Valence, où il mourul le mois suivant (29 ao0t) dans sa qualre-vingldeuxième année. Le conclal'e pour la nomination de son successeur ne devait s'ouvrir qu'après le i8 brumaire, le ~0 novembre 1799. La conslilulion Ces Etats du pape en République romaine, sur le modèle de la République française, n'empêcha pas Home d'être exploitée comme l'avaient élé les ~ulres cilés italiennes. Le pillage auquel parlicipèrenl lout spécialemenl deux protégé,; de Bonaparte, l'adminislraleur général de l'armée d'Italie Hall~r el le commissaire ordonnateur en chef Villnmanzy, avait

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