Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

400 IIISTOIRE SOCl.~LISTE grité de l'Empire, apprirenl al'ec épournnle, le O décembre, ·que l'empereur relirail ses troupes de )layencr, ce qui équivalait à l'abandon do celle parlie de l'Empire à l'armée française; celle-ci, en elTel, cernail la ville le 26 frimaire (IOdécembre) el prenait possession de la citadelle le 10 nivôse (30 décembre). D'autre parl, les plénipotentiaires français, 'l'reilhard el Bonnier, ayanl prote,lé contre le mandai limité des délégués de l'Empire, la Diète de nalisbonne déclara, le 8 jam ier 1798, que les pouYoirs de ses délégués seraient illimité,; l'empereur sanctionna celle décision le 11; les négociations pouvaient commencer. Pendant ce temps, les Français, a\'anl de la li\'rer, pillaient lilléralemenl Venise (Galfarel, Bonaparte et les ,·épubliques italiennes, p. 181-180) que le, Autrichiens occupaient le 20 nivôse (18 janvier). Deux mois après la conslitulion déOnilive du congrès de llaslall, le 10 ventôse (9 mars), le Direcloire se ,oyait accorder la rive gauche du Ilhin; manquait seulement le consenlcmenl de l'empereur qui cherchait encore à se fdirc donner en llalie des déùommage,nenls que le Directoire s'obslinail à ne lui octroyer qu'en Allemagne. ~ous sal'ons que, pour indemniser les prince, laïques dépossédés, il voulail recourir à la sécularisation de Ioules les principautés ecclésiasliques, cl, le 15 germinal (4 avril), le principe de celle sécularisalion él~il agréé par le Congrès. Restait à appliquer ce pr111cipe; or, sur ce chapitre, la Prusse el l'Autriche ne s'enlendaienl pas, chacune d'elles craignant et combattant J'agrandissemenl de l'aulre. Déjà, a1anl l'adOJJlion du principe, elles avaient négocitl entre elles sur ce poinl délicat, sans parvenir à s'cnle11dre; mais la l'ru,se, le 10 mars, admettait en celle matière la médiation, à elle olTerle, le 8, par l'Aul1iche, du tsar Paul l". Celui-ci accepta avec empressement, à la prière de 'l'hugul, le rôle de médiateur entre la Prusse et l'Aulriche d1ns la que-- lion des indemnités territoriales, el envoya à Berlin, pour conférer a,cc les ministres prussiens el le prince de Reuss, délégué de l'Autriche, le comte nepnin. Ce, conférences s·ouvrirenl le 21 mai liOS; d'après J'a1•i, ùu bar, qui cherchait à sauvegarder la conslitulion de l'Empire, la Pru,se et l'Autriche devaient renoncer à Ioule indemnité en ,Allemagne : la Prusse relu,a de souscrire à cette renonciation si l'Autriche restail libre de s'agrandir en llalie, et l'Autriche ne voulut se lier pour l'llalie par aucun engagement; d'où l'échec de ces conférences à la fin de juin. Paul l", tout en détestant la l\évolulion, s'êtail d'abord monlré pacifique. Des pourparlers pour un rapprochcmenl avaient même eu lieu à Berlin enlre l'ambassadeur français Caillard el l'amùas,adeur russe, Kolytcher d'abord, puis le comte Nicélas Panin (juillel-noilt 1707); assez difOclles, ces pourparlers, pendant lesquels l'anin faisait es1 érer un changement de régime eu France, aboutirent, ,·ers l'époque même ùu 18 fructidor, le 23 (0 septembre), à un projet de traité sur lequel on ne s'entendit bienlôl plus. (G. Gro~jean, La France et la R11ssie pendant le Directoire, p. 61 à 78).

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