302 IIISTOIRE SOCI.\LISTE traité nP romport,ml aucun échange de terriloires, contrairrmenl aux in~- lruclions ,111 D"rectoire qui dô,irail obtenir la Sardaigne contre une compensation Pn llalie, el qui refusa de ratifier ce lrailé (Guyot el Murel, 1/evue rthi,toirr modernr el contempo,·aine, 15 février 1001, p. 319). Les négociations recommencèrenl el, 1ar une con,·ention préliminaire secrète conclu e à Turin le 15germinal an V('• avril 17ü7J, le roi de Sardaigne s'engageait à céder à la France, !or, de la paix générale, 11le de Sardaigne, à la condition de recevoir sur le co11linenl italien un territoire à sa convenance de nature à le dédommager de crue cession el à lui procurer un lilre équivalant à celui de roi de Sardaigne. PJr le lrailôpuhlic signé le lendemain, t6germinal 5 &v ril), une alliance olîensive el dërensile était conclue entre les deux parlies c onlraclanles contre l'empereur el, jusqu'à la paix, à partir de laquelle l'alliance deviendra il purement dctensive, le roi de Sardaigne devail fournir à la France un contingent de 9000 hommes. Ainsi que nons l'avons déjà vu (chap. xn·), Yenise avait persislé à ne pas s'allier à la France conlre l'Aulriche; mais Bonaparte ayanl continué à ne tenir aucun comple de sa neutralité el à lui chercher querelle, le gouvernement vénilicn, poussé à bout, serait très probablement entré en ligne contre la France si l'archiduc Charles avail été viclorieux. Dans !'Étal v énitien, comme dans les autres Etals de l'ltu!ie, exislail à ce moment un parti démocratique en opposilion al'CCl'aristocratie dirigeante. Tandis que ce pa rli, encouragé par les agents français, se soule\'ail en certains endroits, par exemple, à Bergame le 22 ventôse (12 mars), le 27 d le 28 (17 el 18 mars) à Brescia. on Cahriquail, le 2germinal (22mar.•), un manireste Caussemenlslg né des autorités vénitiennes, excitanl la po pula lion à se débarrasser des Français. Or e'étail à lïnsligalion de Bonaparte que celle• imposture infamante• (Edmond Bonnal, Chute d'1111e 1/èpubtique, Venise, p. 144-140) avait été commise, que ce• manifc,te frauduleux • avail élé rMigé el répandu : de mê me que les lradilions cléricale, et monarchiques - nous en avons rencontré de fréquents exemples - la lradilion napoléonienne prédispose donc ses fid èles à la pratique ignominieuse du faux cl à ia scandaleuse glorification. C'est que Donaparle, sachant ou pressentant que l'Aull·icbe convoitait les territoi res vénitiens, songeait à la dédommager de ce côlé de ce qui lui serail en!e1·6 ailleurs; ne pou,·anl, dans un lrailé public, disposer de ce qui ne lui app artenail pas, il s'altachail à Caire nallre une occasion lui permettant d'abord de le prendre pour en disposer ensuite; il a l'ait besoin que Yeni>e fùt coupable, seulemenl Venise se dérobait à celle culpabilité désirée en lui cédant toujours, el cela se reproduisit encore lorsque, s'appuyant sur le document apocryphe, il 0t lire, le 20 germinal (9 avril), par Junot, au doge et à son conseil, une lellre ù'insolenle provocalion. En lançant le faux qui appelait le peuple aux armes contre les Français, il se supposait assez fort pour empêcher ces eAcitaUoos de se traduireen
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