HISTOI!lE SOCIALISTE 38) Ni à celte lenlatÎle, ni à celle dont il sera question plus loin, je ne puis, quant à moi, attacher l'importance que leur accordent ~!\!. Guyol el ~lurct dans une étude déjà citée de la Revtte d'hi<toil'e moderne et contNnpo1·ai11e ; une cilalion de Grenville faite par ces auteurs (n• du l:l janvier 190,, p. 2:;s, note 1) el les ci talions que je .viens de rappeler, d6nolenl un étal d'espril qui ne permellait pas à ces lcnlatires de réussir. Si le Directoire et Pill onl cru pouYoir conclure la paix en cé,laot sur d'autres points que sur la Ilclgiquc, c'est qu'ils ont été tous les deU'( ,iclimes de l'illusion qui fail croire une chose possible parce qu'on la dçsire; même s'ils se sonl 0altés réciproquement de soutirer à l'autre la concession que chacun d'eux ne songeail à admettre pour .on propre compte qu'à la dernière extrémilt', cela ne saurail rendre très importantes an fond des n(·gocialions qui, quelles qu'aient été leurs apparences, étaient condamnées d'avance à ne pas aboutir par suilede l'entêtement indéniable de chaque partie sur ce qui était pour chacune le poinl essentiel. Après avoir songé à jcler quelques troupes eu Angleterre pour )' org.iniser une sorte de·« chouannerie », le Directoire s'était résolu à agir en Irlande où un soulèveme_nt paraissait Mre prochain. L'!rlan,le avait été traitée par l'Angleterre en pays conquis; la population catholique avait été dépouillée du sol, opprimée, persécutée, ce qui prou l'e que les religions valent moralement aussi peu les unes Qut les antres : soi-disant libéral là où il esl en minorité, le protestantisme dans son ensemble s'est montré, quand il a été le maitre, aussi malfaisant exploiteur el despote implacable que le catholicisme. En 1792, l'Angleterre avait bien accorJé c1uelques réforme$; mais elles élaienl impui$santes à rntisfaire des revendications allant d'autant plus loin que devenail plus grand l'espoir donné par le succès de la Révolution française. En octobre 1791, avait été fondée à Delfast une société qui ne devait pas larder à acquérir une grande influence; la sociélé des Jrlandais-Cnis. Celle société, dont un des principaux fondateurs fut l'avocat Théobald Wolf Tone, d'origine protestante, poursuivait au début la réforme parlementaire el l'émancipation des catholiques; mais, en ii9;'>, elle tendait à la séparation de l'Irlande et à son indépendance. Après un s~jour aux Etals-Unis, '..Voir Tone débarquail le 2 février F96 au Havre. li se rendail à Paris où il nouait bientôt des re1atioos avec des membres du gouvernement el où il avait. le 24 messidor an IV {i2 juillet), avec Hoche une entrevue à la suite de laquelle un plan d'expédition en Irlande était adopté; par arrêté du 2 thermidor an IV (20 juillet i796}, Hoche était no~mé • général en chef de l'armée destinée à opérer la révolution d'Irlande•· Il· devait d'abord, jusqu'au momenl de son embarquement, garder le commandement de l'armée des côtes de !'Océan ; mais, par arrêté du 8 fructidor (25 aoOl), celle-ci cessa d'exister lei" ventlémi"aire an V (22 septembre 1700)et les déparlemenls de l'Ouest furent sous le ~ime commun. ·
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