Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

38\ IIIS'l'Olll.E SOCIALISTE Toul l'ul mis en œuvrc pour faire échouer celle expédilion, à propos de laquelle il faul remarquer que Hoche parlait aux soldals un autre langag~ que Bonaparte : « Je ne veux point avec moi, disait-il à des soldals mécontents, des hommes qui n'ont de mobile que l'or» (A. 11.·ousselin, Vie de La; zm·e Hoche, t. i", p. 302). De Paris, Hoche ne. recevait pas l'argenl nécessaire : le cabinet anglais « a des complices à la 'l'résorerie, qui refusent les fonds el rassurent Pitt• (B<mapa,·te et floche en f 797, par M. Albert Sorel, p. 264). A Bresl, il se hcurlail au mauvais vouloir du vice-amiral VillaretJoyeuse et de nombreux officiers réaclionnaires comme leur chef; un seul parmi ceux qui élaienl en (onclion, Bruix, directeur général des mouvements du port, se montrait réellemenl dévoué el plein d'un zèle que l'hoslililé de Villaret annihilait le plus souvent. L'amiral, en celle circonstance, obéissail à diver~es considérations dont aucune n'était à son honneur. Un projet d'expédition dans l'Inde, donl il avait déjà été question (Le$ généraux Aubert du /Jayet, elc., par de Fazi du Bayet, p. 94 et i01) en germinal an III (marsavril i795) el l'espoir de capturer les riches cargaisons des navires marchands avaient ses préférences; en outre, après avoir, lors du séfour du comte d'Ar• tois à lïle d'Yeu, envoyé un officier lui dévoiler le plan de Hoche pour l'enlrl'er (Chassin, Les Pacification; de l'Ouest, t. II, p. i96), il songeait à être candidat dans le Morbihan, lors des élections de l'an V, avec l'appui des royalistes. Or ceux-ci, pour plaire au gouvernement anglais qui lés payait, préludaient au nationalisme de leur digne progéniture en cherchanl palriotiq\Jemenl de toutes les façons à empêcher Hoche de partir. Ils tentaient d'abord, soit de le gagner, soit de le rendre suspect : un de leurs chefs, Frotté, invoquait des motils graves pour lui demander, le 27 fructidor an IV (i3 septembre i706), un entretien particulier; Hoche répondit immédiatement: « li n'est si grand intérêt qu'on ne puisse traiter par écrit» (Idem, p. 60,t), el avrrlil, le lendemain, le Directoire par une Jellre dont. il a été cité un passage· dans le chapitre précédent. lis tentaient ensuite de l'assassiner, mais manquaient leur coup le 26 vendémiaire an V (i7 octobre) à Rennes (idem, p. 608), el peul-êlre y avait-il nn peu plus Lard à Brest une tentative d'empoisonnement (Idem, p. 613).La conduite de Villaret fut telle qu'il fallul le révoquer (i5brumaire an V-5 novembre1700). Le vice-amiral Mora'rd de Galles le remplaça dans le commandement des forces navales de Brest et, par le mêmç arrêté, Bruix fut nommé major général de la flotte expéditionnaire qui, le 25 frimaire an ·":v (15 décembre 1700), put enfin 11artir au momcnl où le Directoire décidait de renoncer à l'expédition. · · Hoche était sur la F,·atemité avec Morard de Galles ; l'avant-garde se trouvait sous le~ ordres au contre-amiral Bouvet qui était sur l'Immortalité avec le commandant en second des forces de terre, le général Grouchy. Par suite de mauvais temps, vent et brume, la Fmtemité fut sépartle du reste'de la flotte qui, s'étant rejoint, fut dirigé par Bouvet vers la baie de Baotry,

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