Gabriel Deville - Thermidor et Directoire : 1794-1799

382 IIISTOil\t,; SOCIALISTE à être réellemenl profitable à Lous les .€tais importants, ce qui en aurail assuré 1,, durée. Au contraire, établi sur <lesbases.jugées insuffisantes par les appétits en cause maîtrisés cl non apaisés, il manquait de solidité, tout en ayant lïnconvénient d'agrandir, de forliller - moins qu'ils ne l'auraient Youlu, d'où leurs rancunes, mais enfin d'agrandir, de fortifier - les arh·ersaires de la France, mis ainsi par elle à même de relourner plus tard conlre elle des forces accrues. Or, Je Directoire d"abord, el Bonaparte énsuite, s'acharaèrenl à trop obtenir pour eux-mèmes; satisfaisant mal les appétits étrangers, n~n par scrupule de conscience, mais par avidité personnelle, ils préparèrent des mécontentements, de nouvelles hoslililés et la ruine de leur système donl l'unique b énéllce ful d'al'Oir contribué à balayer dans divers pays les vieilles institutions ; ce dernier résultat aurait pu être atteint aulrement. Tandis que, par loufes les ~péculalions qu'elle suscitait, la guerre profitait aux financiers anglais, les classes populaires, écrasées-sous les taxes, - sur la discussion au Parlement anglais de certaines réformes à cet égard, voir le lome Ill de l'Ilistoii·e socialiste, p. 690, 702, 708 - désiraient la paix. Devanl les manifestations de ·J'opinio1) publique, Pitt parul céder. Il exprima l'intention de négocier la paix el, au début de vendémiaire an V (fin de septembre 1790), le Directoire se déclarait prlil à recevoir un commissaire anglais; celui-ci, lord Malmesbury, connu comme très hoslile à la France, arriva à Paris le i" brumaire (22 oclobre). Si Pitt et Je Directoire tenaient tous les deux à montrer qu'ils Youlaienl la paix, ni l'un ni l'autre ne voulaient ce qui aurait permis de la concllire. Les gouvernants français et anglais (voir les paroles de Boiss)'-d'Anglas et de Pitl, chap. u, et voir aussi certains passages du rapporl de Merlin (de Douai) au nom du comil6 de salul public sur l'annexion de la Belgique dans Je Moniteur du 12 vendéqiiaire an IV:'• octobre 1705), bien résolus à ne rien lâcher sur le point essenliel, ne pouvaient respeclivement avoir aucune illusion sur leurs dispositions réciproques à ce sujet. Du reste, le 8 mars 1700, Wickham ayant, pa,· une uote remise à Barthélemy à Bâle, demandé quelles seraient les conditions de la Prance p0u r la conclusion de lapai,, Barthélemy avait répondu, le 26 mars, qu'il ne saurait être question de « restitution de quelqu'un des pays dont la réunio:i à la France a été décidée• (Sorel, L'Europe et la Révolution fraru;aise, t. V, p. 4t). Dans ces conditions, quand, à la suite de pourparlers plus ou moins longs, il serait bien constaté que la France se refusait à abandonner la Bel- !l_iqueet que l'Anglelerre, alîeclant en cela de détendre les intérêts de l'Autriche son alliée, s'oprosail à ce qu'elle la gardàl, la rupture, malgré les concessions qu'on offrirait de faire ailleurs, devait se produire el c'est ce qui eut lieu. Le 29 frimaire an V (19 décembre 1796), le Directoire décidait de suspendre les négociations et invitait Malmesbury à quitter Paris dans les vingt-quatre heures.

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