3î6 li ISTOIR E SOC! ALISTE du protectorat religieux qui se rallieraient volontiers à la façon dont le comprenait la Rôpublique de 1î93, en le mettant d'accord, et non en contradiction, a\'ec sa législation intérieure. Il n·est pas niable qu'en cette matière comme en toutes les autres, il y cul, dans la période que j'étudie, de la part de nombreux fonctionnaires, des tcnlalives de réaction contre les idées qui avaient prévalu durant la grande période révolutionnaire; et le rapport du ministre des relations extérieures, Delacroix, dont je vais parler, découle incontestablement d'une autre inspiration que celle qui a présidé à l'élaboration du passage cité plus haut. Màis il ne fauclrait cependant pas exagérer la divergence que je suis le premier à reconna1lre; il ne faudrait pas surtout, pour le plaisir d'avoir un argument historique, commettre la faute d'assimiler deux situations tout à fait diITèrentes. Le 28 avril 1796, nous apprend Delacroix dans son rapport au Directoire (archives des affaires étrangères, Turquie, supplément, 23, folio 1,3 à 48), le roi .d'Espagne demandait, par une note de Godoy, prince de la Paix, <1uele gouvernement français lui cédilt la protection des établissements religieux au Levant; cette note étant restée sans réponse, par une seconde noie du 25janvier 1707, qu'adressait au ministre. le 12 1>luviôse an V (31 janvier i70î), notre ambassadeur à ~ladrid, Godoy renouvelait sa demande et, pour rallier le Directoire à sa propre opinion, Delacroix rédigeait le rapport en question, daté du mois suivant (ventôse an V), qui concluait ù un refus. Le véritable motif de celle demande, « c'est de faire recueillir à l'Espagne tous les avantages politiques et commerciaux » résultant alors de celle profoclion, tel est le fond du rapport. Au point de vue pol\tique, nous n'aurions plus lïnfluence reposant sur« les fréquentes occasions que la proteclio'n donne au, agents français de faire preuve d'égards pour les usages, de respect pour les lois du pays, la certitude où rnnt tant lé Divan que le peuple, que la protection de la République française sur les établissements religieux se dirigera constamment, et plus encore dans l'avenir que dans le passé, d'après les anciennes maximes, c'est-à-din, dans le sens du gouvernement turc'»; autrement dit, Delacroix voyait dans le protectorat une facilité plus gra,;de d'être agréable à la 1'urquie et il en escomptait le bénéfice politique. Au point de vue commercial, « les instances du prince de la Paix coïncident avec les renseignements que le ministre reçoit des agents de la République sur les cITorts que fait l'Espagne pour se rendre maitresse du commerce a1•ec les 0Turcs ». Voici enfin l'alinéa où Delacroix résume les eITets du protectorat dans les 'dernières années : ·• Le ministre fera observer au Directoire exécutif que, pendant le séjour du citoyen Verninac à Constantinople, il s'est offert des occasions de professer les maximes énoncées dans cc rapport, que cet agent de la République, ainsi que se~ prédécesseurs; a manifesté la nécessité de protéger les établissements religieux contre la cupidité de cerl~ins particu-
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