HISTOJ!lE SOCIALISTE longtemps que le parti royaliste pratique la dis,imulalio11 de son but réel derrière des opinions de circonstance: el c·cst être sa dupe que de voir la parade qui lui scrl d'amorce, el non l'hameçon que, par rraudc, il cherche à faire avaler. D'autre parl, après avoir prOché le retour pur el simple à l'ancien régime, l'abbé Brolhier avail, sous la pression ùcs fails, fini par comprendre que la restauration de la monarchie ne serait possible c1u'avec certaines concessions aux idées nouvelles; aussi crul-il de son devoir d'écrire e11ce sens au prétendant, que les princes de l'Europe appelaient alors le coml.e de Lille, et que, pour la commodilé du récil, je désignerai par son surnom anticipé de Louis XVIII. Cc monarque en expeclalive, bien qu'il reçùl lie di ver, côlé~ des averlissemenls identiques, se refusa à y ajouter roi, s'ima~inanl qu'ils étaient inspirés nc,n par la conscience de la réalilé, mais par la corilagion du mauvais exemple: en conséquence, il répondait à Brot hier, le Ji juilll'l i706, que cc qu'il proposail élail • enli~rrmenl inadmi,sible » (Lebon, idnn, p. 108). On a vu dans le chapitre précédent que le gouvernement vénitien l'avail, le 14 avril, mis en demeure de sorlir de Vérone; parti le 21, en se déguisant par crainte de ses cr~anciers, il était arrivé, le 28, sur le territoire du margrave de Bade, à füegel, où Conrlé avait établi son quartier général. Il le quitta le 14 juillet el, lors de la retraite, devanl Moreau, de l'armée autrichienne dont le corps de Condé faisait patriotiquement partie, il s·a·réta quelques jours à DiIli ngen; le Hl juillet, un coup rlc pi,tolel ful Liré sur lui el le manqua, tandis qu'il 'se tenait à l'une des croisées de son hàlel. L'auleur de celle lenlalive,criminelle qui. si elle avait réussi, aurait. suivant le mol de Louis XVlll (Ernest Daudet, Les Bo,,,.bo11set la Russie. p. 66i. profilé à son frère, resta inconnu. Peu après, Louis· X\ïll gi,gna lllankenburg, dans le duché de Brunswick, où il devait rester dix-huit mois. D'autre pari, le lrallrc Pichegru, venu tout au commencement <l'avril 1796 (milieu de germinal an l\') à Paris, d'où, après avoir, sur les conseils, parait-il, de Wickham, refusé l'ambassade de Suède (Le!Joa, idem, p. 175), il alla s'installer à Strasbourg pour continuer ses intrigues, s'aperçut que, contrairement à ses dé.sirs, sa sortie de l'armée n'avait produit aucune effervescence; or il ,•enail de constater qu'à Paris les royalistes influents étaient, pour la plupart, partisans non d'un retour à l'ancien régime, maisd'unemonarrhie conir litulionnelle. Aussi, tout en reslanl en correspondance avec Carnol(Lebon, id., p. '!();;), il faisail conseiller à Louis XVII( de se déparlir de son allitude intransigeante. L'obstination de celui-ci, persuadé de la possibilité (le réus_sir rnns ce sacrifice d'amour-propre, élail cause qu'à Paris d'assez nombreux monarchistes se retournaient du côté du duc d'Orléans qui n'avail pas cessé d'avoir quelques parlisans; ainsi le marquis de Rivière avait écril, le 12 juillet nœ. : « Je ne dois pas dissimuler qu'il existe un parti d'Orléans, soutenu duos l'intérieur par Boissy d'Anglas, J'abb6 Sieyès, Cochon cl Arnaud, et, à l'extérieur, par Barthélemy, ministre à DAie; Montesquiou, Dumouriez,
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